
Il y a des avantages et des inconvénients dans les deux systèmes, explique Jacques Delacollette, secrétaire syndical de l'OGBL en charge des frontaliers belges.
"Le problème au Luxembourg est que la tranche indiciaire n'intervient que lorsque les 2,5% sont dépassés", critique-t-il. Ce n'est qu'alors, lorsque l'inflation a déjà atteint un niveau assez élevé, qu'il y a des compensations pour les salariés et les retraités. Mais dans toute la période précédente, une partie du pouvoir d'achat a déjà été perdue, partie qui ne peut plus être récupérée. En Belgique, l'échéance de l'index fonctionne selon différentes manières. Dans le secteur public, par exemple, les salaires augmentent de 2% lorsqu'un certain seuil, l'indice pivot, est atteint. Dans le secteur privé aussi, certaines entreprises fonctionnent selon ce système, mais l'ajustement automatique n'intervient pas toujours à 2%, il peut déjà intervenir à 1%.
Dans le secteur privé, il est également possible que la perte de pouvoir d'achat ne soit compensée qu'une seule fois par an, en fonction de la convention collective. Certains salaires augmentent alors d'un seul coup. Avec la forte inflation de l'an dernier, des salaires ont ainsi augmenté de 11% en janvier dans certaines entreprises.
En Belgique, la base de calcul de l'inflation est l'"indice santé". Celui-ci est établi à partir du panier des ménages. Ce panier inclut des biens tels qu'une voiture ou une souris d'ordinateur, mais aussi des services comme une visite chez le médecin. Si les prix augmentent pendant une période définie, on parle d'inflation.
La plus grande différence entre l'indice luxembourgeois et l'"indice santé" belge est que depuis 1994, il n'y a plus d'alcool, de tabac, d'essence ou de diesel dans le panier belge. Depuis lors les ménages seraient défavorisés, parce que les prix des carburants ont récemment explosé, souligne Jacques Delacollette.
"Je pense que l'idéal serait un système comme au Luxembourg, où l'essence et le diesel sont inclus dans le panier. Mais la barrière des 2,5% devrait être abaissée", considère le syndicaliste de l'OGBL. En guise de compromis, il propose 1,25%, car la perte de pouvoir d'achat devrait être compensée plus rapidement.
Contrairement au Luxembourg, l'indice n'aurait encore jamais été reporté en Belgique, d'après Jacques Delacollette: "L'index est sacré. On n'y touche pas." Il serait hors de question de remettre en cause l'index.