Élections législativesIl n'y a pas d'électeur luxembourgeois classique

RTL Infos
Les électorats des différents partis divergent parfois considérablement les uns des autres. Mais il existe également un certain nombre d’évolutions générales.
© Screenshot

Sur 228 pages, l'étude POLINDEX décrit les comportements électoraux au cours de ces dernières années au Luxembourg. Une grande partie de l'enquête est consacrée au profil sociodémographique de l'électeur. Peut-on alors dire qu'il existe un électeur luxembourgeois classique?

Non, ce n'est pas vraiment possible. Les électorats des partis sont au moins aussi, voire un peu plus, différents que les partis eux-mêmes, ce qui signifie qu'il existe des points communs mais aussi de grandes différences. Ainsi, par exemple, pour les origines. Le DP est le parti le plus international. Près de 35% des électeurs du DP ne sont pas nés au Luxembourg, environ 30% ont une double nationalité. Parmi ceux qui sont nés à l'étranger, on constate une surreprésentation des électeurs nés en Belgique et en France. Les analystes font remarquer que ce fait pourrait avoir un impact direct sur la performance du DP dans la circonscription Centre. La majorité des électeurs des Piraten, de la Gauche et du CSV, sont nés au Luxembourg.

© Screenshot
© Screenshot

En ce qui concerne la répartition entre les genres, les Verts, l'ADR et les Piraten ont un électorat plus masculin. Chez les Verts, il s'agit d'une première depuis 2009. Les Gréng sont également le seul parti, dont une partie de l'électorat se déclare non-genré. L'électorat le plus féminin est celui de la Gauche.

© Screenshot

Des changements généraux dans la composition de l'électorat ont-ils pu être observés ces dernières années?

Selon Philippe Poirier, politologue à l'Université du Luxembourg, il y en a trois. En premier, il cite le fait que la part des revenus élevés n’a cessé d’augmenter depuis 2009. Par rapport aux pays voisins, cette évolution serait remarquable. Cela aurait pour conséquence que, d'une part, les questions économiques se déplaceraient de plus en plus vers le centre, mais d'autre part ...

"Ce qu'on appelle le conservatisme social, ou le conservatisme du bien-être. C'est-à-dire par exemple une conception de l'environnement, non pas au niveau mondial, mais dans mon quartier. L'environnement c'est la nature, la sécurité etc. dans mon quartier."

 

Il y a un autre changement au niveau des professions dans lesquelles les électeurs sont actifs.

Il est bien connu qu’au Luxembourg, proportionnellement à la population, un nombre important de personnes travaillent dans la fonction publique. Même si une pénurie n'est pas directement à craindre dans ce secteur, le monde du travail se diversifie au Grand-Duché.

"Le poids de la fonction publique ou du secteur parapublique, il est toujours majoritaire, mais il est en retrait. Et ça, c'est la deuxième fois depuis 1999, la première fois c'était en 2018. Et là aussi ça peut avoir des conséquences notamment dans les circonscriptions Centre voire Sud. "

Comme troisième changement, Philippe Poirier indique le fait que l'enjeu du logement a pris encore plus d'importance et que les électeurs font leur choix en fonction du parti auquel ils attribuent une compétence dans ce domaine.

Dans l'enquête, il y a encore le constat que les Luxembourgeois ont une confiance plutôt solide dans les institutions démocratiques du Grand-Duché, alors qu'ils voient les institutions européennes avec plus de scepticisme. Par ailleurs, le processus de sécularisation se poursuivrait, ce qui pourrait également avoir un impact sur le résultat des élections.

Le POLINDEX 2023 a été réalisé par l'Université du Luxembourg et l'Ilres pour la Chambre des députés, auprès d'environ 1.000 électeurs et 500 résidents étrangers.

A lire aussi:

- Législatives 2023: Les électeurs se déterminent de plus en plus tard
- Élections législatives: Les électeurs luxembourgeois voteront-ils pour un ou plusieurs partis?

Back to Top
CIM LOGO