
Le député vert et ex-ministre des Travaux publics a déclaré mardi sur RTL qu'il peut vivre avec les mesures présentées la semaine dernière par le gouvernement, car le secteur de la construction est en crise et que les particuliers ne s'en sortent plus en termes de taux d'intérêt et de pouvoir d'achat. D'après lui, le grand défi ou le "tour de force" pour les années qui viennent, c'est que le secteur public "rééquilibre" le marché. Non pas en baissant les prix, ce qui n'est de toute façon pas possible à son avis, mais en fournissant suffisamment de logements pour les particuliers qui ne peuvent plus rien se permettre sur le marché privé.
En ce sens, François Bausch s'est félicité que l'État achète encore plus de logements non encore construits ou en cours de construction (VEFA pour vente en l'état futur d'achèvement) et que 900 millions d'euros soient prévus pour la construction de logements abordables pour les années 2023 à 2026.
Cela, tout comme les aides financière individuelles à plus court terme, ne constituent, selon lui "rien de neuf", mais ces mesures s'inscrivent dans la continuité. Il est seulement surpris qu'il y ait soudain de l'argent. Car si cela n’avait tenu qu’à lui, on serait allés plus loin lorsqu’il était encore au gouvernement. Interrogé sur le fait de savoir s'il mettait ainsi en cause le DP, l'ancien ministre a répondu qu'il ne voulait "pas porter de jugement".
En revanche, François Bausch reste critique à l'égard des avantages fiscaux temporaires pour les investisseurs, ainsi que du quart taux global, c'est-à-dire une baisse d'impôts sur la plus-value lors de la vente d'un bien. Cette mesure avait cependant déjà été adoptée par le premier gouvernement bleu-rouge-vert. Mardi, il a douté et il doute encore que cette mesure ait apporté ou apporte quelque-chose. Le député vert est plutôt d’avis que les plus-values devraient être davantage taxées si, par exemple, une modification du plan d'aménagement augmente massivement la valeur d’un bien. Cet argent pourrait ensuite être utilisé pour construire des logements publics.
Une table ronde consacrée au logement réunira fin février des représentants du gouvernement, des communes et des acteurs privés. Les procédures constitueront l'un des sujets de discussion. Le député vert a regretté que les procédure environnementales soient souvent pointées du doigt. Sans remettre en cause la protection de l'environnement, sa collègue de parti et ex-ministre de l'Environnement, Joelle Welfring, a déjà assoupli un certain nombre de procédures l'année dernière.
"Les procédures ne sont pas une fin en soi", selon François Bausch. Pour lui, il faudrait enfin s'intéresser davantage aux procédures communales. Il existe des possibilités de recours lorsque le plan d'aménagement général (PAG) est modifié, puis lors de l'élaboration d'un plan d'aménagement particulier (PAP), puis de nouveau lors de la demande de permis de construire. "Tout est ok, nous sommes dans un état de droit, mais là aussi on peut regarder s'il n'y a pas quelque-chose qui peut être accéléré ou modifié. ". En tant que ministre, la plupart de ses problèmes étaient dû au fait que les gens ne voulaient pas quelque chose ou étaient égoïstes et ne voulaient pas céder quelque chose à un voisin.
Son parti, déi Gréng, a demandé à François Bausch d'être candidat aux élections européennes du 9 juin, mais il n'a pas encore pris sa décision, affirme l'intéressé lui-même. La seule chose sûre, c'est que la députée européenne verte sortante, Tilly Metz, sera sur la liste. Pour ce qui le concerne, François Bausch fera connaître sa décision à la mi-mars.