
Depuis mercredi, les clients peuvent à nouveau prendre un verre ou un repas en terrasse. Vendredi, les cafés et les restaurants auront aussi le droit de rouvrir leurs portes, de même que les théâtres, les cinémas et les centres de fitness, entre autres.
Si ces établissements peuvent rouvrir au Luxembourg, c'est parce que le nombre de nouvelles infections au coronavirus est bas. Les réouvertures se font toutefois dans le respect des gestes barrière et de la distanciation physique.
De plus en plus d'études et de scientifiques mettent en garde contre une transmission du virus par aérosols. Les aérosols sont de fines particules en suspension dans l'air, qui peuvent mettre des minutes voire des heures à tomber au sol.
Selon le Docteur Jean-Claude Schmit, Directeur de la Santé, il est ainsi possible de se contaminer en approchant d'une personne infectée dans une pièce non aérée.
"Le problème est principalement dans les espaces clos, où se tiennent un grand nombre de personnes et où l'air n'est pas régulièrement renouvelé, là, on a théoriquement un risque. Ou dans le cadre de certaines activités où on produit plus d'aérosols, par exemple en chantant."
Voilà pourquoi les chorales n'ont toujours pas le droit de se réunir. Les aérosols pourraient également être un problème dans les restaurants ou les centres de fitness.
"Par exemple, dans les salles de fitness, il est important qu'il y ait une bonne ventilation des locaux pour éviter de telles choses. Il est aussi important que, quand on fait des cours collectifs, ce soit en plein air, où on n'a pas le problème des aérosols. Il faut éviter les cours collectifs dans les espaces clos."

Respecter une distance de deux mètres aide peu contre les aérosols. Porter un masque, en revanche, est plus adapté. Mais quel rôle jouent ces fines particules dans la transmission du coronavirus? Nous ne le savons pas encore précisément, reconnaît le Docteur Schmit.
"C'est un sujet qui est toujours débattu actuellement. Même par les spécialistes, par les scientifiques, qui peuvent effectivement prouver (la présence) de particules de virus. Mais la question est toujours: à quel point ces particules sont-elles infectieuses, combien d'infections peuvent-elles provoquer? Là, nous sommes prudents. Nous donnerons des recommandations précises pour certaines situations, par exemple, pour les centres de fitness. Pour le reste, nous devrons encore un peu attendre pour savoir précisément ce dont nous sommes en présence."
Ce qui est certain, c'est que la circulation de l'air entraîne une situation plus sûre. Il est donc préférable de manger en terrasse ou d'inviter des amis au jardin.
"Nous devons être réalistes. Si on va au restaurant, on ne s'assied pas à deux mètres de son voisin de table. Là, on a théoriquement un risque de transmission du virus. Nous verrons dans deux-trois semaines ce que cela aura pour conséquence" après leur réouverture dans des conditions sanitaires plus strictes.
"Et il y a la grande question: la deuxième vague va-t-elle arrivée? Cette deuxième vague dont tout le monde parle, mais dont personne ne sait si elle va venir. Et à l'automne il y aura en plus d'autres maladies virales."
Toujours d'après le Dr Jean-Claude Schmit, l'évolution de l'épidémie au Luxembourg est positive car le pays teste beaucoup pour détecter le virus et interrompre les chaînes d'infections. Et ce traçage manuel se déroule très bien pour l'instant, assure le Docteur Jean-Claude Schmit.
"Nous avons effectivement une série de cas de personnes, que nous avons mis préventivement en quarantaine et chez qui des symptômes sont apparus deux ou trois jours plus tard, ou chez qui le test était positif. Ce qui prouve que nous avons eu raison d'isoler ces personnes et nous pouvons ainsi interrompre cette chaîne de transmission."
Le Luxembourg est un petit pays ouvert avec quatre hôpitaux. Il faut être plus prudent, réagir plus tôt qu'à l'étranger, pense le Directeur de la Santé. Avec 20 nouvelles infections par semaine par 100.000 habitants, il faudrait probablement agir et prendre des mesures.
Si un patient présente des symptômes d'un refroidissement, il est plus difficile de diagnostiquer le coronavirus. Voilà pourquoi il faudra se faire vacciner contre la grippe cet automne, recommande déjà le Docteur Jean-Claude Schmit.
"Nous allons davantage encourager la vaccination contre la grippe cette année. Parce que ce sont les mêmes symptômes. Il est évident que si un grand nombre de personnes se font vacciner contre la grippe, nous aurons peu de cas de grippe et moins de cas suspects de Covid-19 qu'il faudra clarifier."
Il ne faut en aucun cas penser que le virus est vaincu, met en garde le directeur de la Santé. Mais une petite dose de normalité est à nouveau possible, avec les règles de sécurité indispensables.