
"Il est hors de question de laisser tomber les contrôles automatisés" a déclaré lundi le président de la Sécurité routière en réponse à notre article publié samedi. Nous y comparions la stratégie luxembourgeoise à la danoise en termes de sécurité routière.
Paul Hammelmann rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, le Luxembourg était un des seul pays à ne pas avoir introduit les contrôles automatisés. Et d'après lui, "ça se savait" et les chauffards venaient au Grand-Duché pour "rouler comme bon leur semblait".
Une problématique qui aurait été résolue lorsque les contrôles ont été renforcés au Luxembourg, notamment via l'installation de radars fixes et de radars mobiles. M. Hammelmann en profite pour rappeler que la loi les introduisant sur nos routes avait été votée à l'unanimité au parlement.
C'est un fait pour Paul Hammelmann, "à partir du moment où on contrôle, les gens respectent beaucoup plus les limitations". C'est pourquoi il est en faveur des contrôles radars. "La route n'est pas un lieu de non-droit" argumente-t-il avant d'ajouter "certaines personnes font du mal à la collectivité et tant qu'on ne les sanctionne pas, ils ne respectent pas les règles".
Pour le président de la Sécurité routière, on ne doit pas considérer la mortalité routière comme une fatalité. Il croit en la "Vision Zéro" et espère que le Luxembourg arrivera à atteindre l'objectif principal "zéro mort, zéro accident grave" dans un futur relativement proche.

Et pour ce faire, il faudra passer par plus de contrôles d'après lui. Conscient des critiques qui entourent la politique de la "radarothérapie", il soutient qu' on "accepte toute sorte de contrôles aujourd'hui mais, qu'étrangement, cela dérange quand ils se font sur les routes..."
Il répond également à ceux qui considèrent les radars comme "des machines à sous" en recommandant simplement de" respecter les lois et vous ne dépenserez pas un sou".
Paul Hammelmann assure d'ailleurs que l'Etat ne gagne pas d'argent avec les radars. D'après lui, l'argent récolté est immédiatement réinvesti dans l'infrastructure routière et la prévention. Il va jusqu'à affirmer que "si l'on faisait le calcul, le résultat serait probablement négatif" en termes de rentabilité.
Malgré cette affirmation, il nous a confirmé que les plans visant à installer des radars dans les tunnels et aux feux rouges étaient toujours d'actualité.
D'après le ministre, François Bausch, les premiers dispositifs devraient être installés dès l'année prochaine. Le Luxembourg va donc continuer sur sa lancée en matière de sécurité routière.
Interrogé au sujet du modèle danois, Paul Hammelmann a soutenu qu'il s'agissait principalement d'une question de mentalité.
"Les Scandinaves ne roulent pas vite et ils acceptent les contrôles sans que la police n'ait à bloquer des routes. A titre d'exemple: les contrôles d'alcoolémie se font parfois aux feux rouges. La police approche les automobilistes et les font souffler. Les contrôles d'alcoolémie sont permanents", explique-t-il.
Il admet cependant que l'on a des choses à envier à l'infrastructure routière danoise: "Les Danois ont commencé ce que l'on met en place maintenant il y a 30 ans. Il y a très peu d'arbres au bord des routes et quand il en reste, des glissières de sécurité sont installées."
Le président de la Sécurité routière concède que Luxembourg a des progrès à faire dans ce domaine.
"La volonté est là mais certaines procédures prennent trop de temps" nous dit-il en évoquant la présence d'arbres autour des tronçons considérés comme dangereux. À ses yeux, "il faudrait qu'ils soient protégés par des glissières de sécurité comme au Danemark ou qu'ils soient déplacés".
Pour Paul Hammelmann, "une civilisation avancée n'accepte pas qu'il y ait toujours des morts sur la route".
Une conclusion à laquelle les pays scandinaves sont déjà arrivés il y a longtemps d'après lui: "On le voit avec les constructeurs automobiles comme Volvo qui font de la sécurité leur priorité."
Reste donc à savoir ce que le Luxembourg mettra en oeuvre pour changer les mentalités et éventuellement atteindre un jour le Saint-Graal de la sécurité routière: zéro mort et zéro blessé grave.