Accusé d'avoir étranglé son pèreIl avait voulu "calmer" la victime, déclare l'accusé à l'audience

Anne Wolff
Mercredi s'est tenue la deuxième audience au procès de l'homme suspecté d'avoir étranglé son père le 25 décembre 2022.
© RTL Archiv

Au tribunal, l’homme est à peine audible, il chuchote et parle très lentement. Il maintient la version selon laquelle il ne voulait pas tuer son père. La juge l’a confronté au fait qu’il faut deux à trois minutes pour qu’une personne meure par étranglement. L’accusé a réaffirmé qu’il avait voulu “calmer” son père. “Je ne savais pas qu’un être humain pouvait mourir si vite”, a-t-il dit, mais aussi, “je sais, d’après ma propre expérience de l’étranglement, que l’on perd connaissance.” La juge a été relativement claire en lui reprochant de ne pas avoir interrompu son acte alors qu’il le pouvait. Etrangler quelqu’un et ne pas le vouloir sont deux choses incompatibles, selon elle.

Le motif de la dispute reste vague

L’accusé ne peut toujours pas expliqué aujourd’hui ce qui a conduit à la querelle le soir du 25 décembre 2022. Il s’agissait de la relation entre ses parents et il reprochait aussi à son père de ne pas avoir voulu qu’ils partent à trois en vacances.

L’accusé a également affirmé qu’il était en train de reprendre sa vie en main après un long séjour en prison. Ce qui a été remis en question mercredi à l’audience. Il a notamment été évoqué que l’accusé prenait régulièrement le volant sans permis, parfois en étant alcoolisé, et qu’il aurait pris des stupéfiants.

Le soir du drame, la compagne de l’accusé l’avait accompagné chez son père. Elle n’aurait rien perçu de l’acte lui-même. Elle avait trop bu et elle était allée s’allonger dans une autre chambre. Elle s’était seulement réveillée quand son compagnon l’avait appelée dans le séjour. Lui et son père étaient allongés sur le sol. “C’est trop tard, il est mort”, lui avait-il dit .

Un voisin a témoigné avoir entendu le 25 décembre 2022 un “boum”, tout à fait inhabituel. Mais à ce moment-là, il ne savait pas encore ce qui s’était passé dans l’appartement du dessus. Le voisin décrit l’accusé comme une personne gentille qui allait faire les courses avec son père tous les samedis et ensuite manger une pizza. Il ignorait tout du fait que la relation entre les deux hommes était loin d’être au beau fixe. La fille de la compagne de l’accusé décrit l’homme de la même manière. Elle connaissait en partie son passé criminel, mais comme il rendait sa mère heureuse, elle ne jugeait pas.

La scène de crime camouflée en cambriolage

Après les faits, le couple a tenté de mettre en scène les lieux de manière à ce qu’ils aient l’air d’avoir été cambriolés. A la question de la juge de savoir comment ils en étaient arrivés là, la compagne du prévenu n’a pas pu répondre. Pas de véritable réponse non plus quand la juge lui a demandé si elle savait comment le père est mort précisément. Elle aussi a affirmé que son ami avait seulement voulu calmer son père en le prenant par le cou. Les deux hommes étaient alors tombés et c’est peut-être là que l’os hyoïde du père avait été brisé. C’est la version que lui avait donnée son compagnon. “Le monsieur est mort parce qu’il a été étranglé”, lui a reproché la juge. “Je ne le sais pas”, a répondu la femme.

“Nous avons convenu que nous n’en parlerions plus jamais”

Ensuite le couple avait pris la résolution de ne plus jamais parler de ce qui s’était passé. Le témoin a laissé de nombreuses questions sans véritables réponses, par exemple lorsqu’il lui a été demandé si elle ne pensait pas que quelqu’un devait assumer la responsabilité de ses actes, ou si elle ne craignait pas que son petit ami puisse également devenir dangereux pour elle. “Je n’ai jamais eu cette idée”, a répondu la compagne. La juge l’a aussi confrontée avec ses premières déclarations devant le juge d’instruction, où il avait été question d’une éventuelle préméditation des faits. A l’époque, elle avait déclaré: “Il m’a dit qu’une fois, il tuerait son père, mais je ne l’ai pas pris au sérieux.” La campagne de l’accusé n’a plus souhaité s’en souvenir à l’audience.

A la fin de la journée d’audience, deux membres de la famille de la victime, qui ont eu connaissance du procès par les médias, se sont manifestés. Ils se sont constitués parties civiles et demandent chacun 32.000 euros de dommages et intérêts.

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