
Cette annonce du gouvernement a été accueillie avec mécontentement par les syndicats. Sur RTL, les ministres du Travail Marc Spautz et de l’Économie Lex Delles ont réagi.
Pour Marc Spautz, les revendications des partenaires sociaux étaient diamétralement opposées: les employeurs ne voulaient pas d’augmentation du salaire minimum, tandis que les syndicats réclamaient 11%. Le gouvernement a donc finalement décidé une hausse de 6,3%, un taux résultant des ajustements automatiques.
“Il fallait trancher, nous avons pris nos responsabilités”, ont fait comprendre les deux ministres au micro de RTL.
Selon le ministre du Travail, le moment n’était pas propice à une augmentation structurelle : “Depuis quatre semaines, nous sommes confrontés à d’autres difficultés dans ce pays, nous en avions déjà auparavant sur le plan économique, et nous ne savons pas où cela va nous mener. Nous savons qu’il y a des difficultés économiques, et je ne vous le cache pas, et vous l’avez vous-mêmes constaté dans vos rapports, où les employeurs soulignent, en particulier ceux qui emploient de nombreux salariés au salaire minimum, qu’il leur est très difficile de joindre les deux bouts”.
Toutefois, les obligations découlant de la directive européenne, telles que l’exigence selon laquelle le salaire minimum doit correspondre à 60% du salaire médian, seraient intégrées dans la loi. D’une manière générale, il serait difficile, dans l’esprit du dialogue social, de travailler de manière constructive avec tous les partenaires à l’heure actuelle pour trouver des solutions: “J’ai beaucoup essayé au cours des 105 derniers jours de réunir les deux parties autour de la table. Je pensais y parvenir d’ici Pâques. Je l’ai dit une fois sur vos ondes en janvier. Mais je n’y suis pas parvenu. Et puis, il est aussi toujours difficile, de faire des allers-retours, d’écouter d’abord un camp, puis l’autre”.
Même son de cloche chez Lex Delles, invité vendredi soir sur le plateau du Journal de RTL: avant que le salaire minimum n’augmente de 3,8% en janvier, une autre tranche d’indexation est prévue cette année. Selon le ministre de l’Économie, celle-ci interviendra avant l’été. Cette augmentation de 2,5% représentera environ 65€. L’augmentation de 3,8% prévue en janvier s’élèverait à environ 105€, portant donc la hausse totale du salaire minimum à 170€, selon le ministre.
Cependant, la question reste de savoir si cette augmentation est suffisante pour résoudre le problème des travailleurs pauvres. Mais pour relever ce défi, selon le ministre, il faudrait agir sur plusieurs fronts : “Je pense que le problème des travailleurs pauvres dépasse largement le simple cadre du salaire minimum. Bien sûr, le salaire minimum est un élément important. Nous devons veiller à ce que les gens puissent également percevoir un salaire suffisant. La situation varie considérablement d’un endroit à l’autre. Mais d’un autre côté, il faut également souligner qu’en tant que gouvernement, nous avons pris toute une série de mesures par l’intermédiaire du ministère des Affaires familiales, qu’il s’agisse de la prime énergétique ou de l’exonération fiscale sur le salaire minimum, qui relève du ministère des Finances. Il s’agit donc d’un ensemble de mesures visant à apporter une nouvelle aide à ceux qui en ont le plus besoin”.
Pour soutenir les entreprises, il a également été décidé que l’État compenserait 1,3% des 3,8%. “Une décision nécessaire”, selon Lex Delles.