
En plus de l’indexation de 2,5 % annoncée cette semaine par le Statec et qui doit tomber dans les trois prochains mois, le gouvernement a annoncé vendredi par les voix de ses ministres du Travail et de l’Économie que le salaire social minimum sera bientôt nettement augmenté au Luxembourg: 170 euros dès le 1er janvier 2027.
Mais cette annonce n’a pas été du tout du goût du patronat, ni des syndicats. Même si ce n’est pas pour les mêmes raisons, les deux partenaires sociaux se sentent floués et ont émis de vives critiques au micro de RTL à l’égard du gouvernement Frieden, tant sur le fond que sur la forme.
Nora Back, présidente de l’OGBL, le dit sans mettre de mouchoir devant sa bouche: “Nous sommes déçus à deux niveaux. Aussi bien sur la forme, c’est-à-dire la manière dont cela s’est passé, que sur le contenu évidemment”. Le reproche lancé au gouvernement a un goût de déjà vu: “On n’a pas parlé avec nous, ça a simplement été décidé de manière unilatérale”. Et à Nora Back d’enfoncer le clou: “C’est pire que ce qu’on a connu sous l’ère du ministre du Travail Georges Mischo: ici on n’a même pas consulté, mais décidé tout seul”. Voilà pour la forme.
“Pire que de ne rien faire pour le salaire minimum”, “ils laissent jouer l’index et l’ajustement qui sont des automatismes et disent en plus “on compense pour cela les entreprises”. Ça veut dire que nous contribuables nous payons encore les entreprises!” s’insurge Nora Back.
À ses yeux, cette décision gouvernementale porte un “coup fatal au dialogue social avec les syndicats” et elle prévient : “Nous allons nous défendre dans la rue. Nous l’avons toujours dit: s’ils ne nous entendent pas à la table des négociations alors ils nous entendrons dans la rue”. Les syndicats vont “évidemment planifier des actions” et le 1er mai n’est pas loin. mais “avant et après”, promet-elle “d’autres actions suivront”.
Michel Reckinger, président de l’Union des Entreprises Luxembourgeoises (UEL), affiche tout autant sa déception de ne pas avoir été entendu mardi lors d’une entrevue avec les ministres sur la complexité de la situation que vivent actuellement les entrepreneurs. Mais “visiblement nous n’avons pas été entendus: c’est dommage!”
Sont notamment touchés en première ligne des secteurs comme l’Horesca, l’artisanat ou le commerce, où de nombreux salariés touchent le salaire social minimum. Il estime que d’autres dispositifs “devraient être envisagés”.

Parce que la double hausse annoncée représentera une “profonde incision pour les entreprises” car elles vont “subir deux hausses de 2,5 % dans les six prochains mois”. Soit 2,5 % pour l’index et 2,5 % pour le salaire minimum
La double hausse “va certainement alimenter l’inflation, car les entreprises devront augmenter leurs prix. Ou, si cela ne suffit plus, elles devront licencier. Nous voulions éviter tout cela”, a déclaré Michel Reckinger au micro de RTL.
La compensation de 1,3 % promise par le gouvernement pour amortir la hausse de 3,8 % du salaire minimum que devra porter le patronat, “ne changera rien fondamentalement”, juge Michel Reckinger. car au-delà des “deux fois 2,5 %", “nous connaissons la situation là dehors, avec des prix de l’énergie qui grimpent, avec le risque d’une inflation comme il y a trois ans au début de la guerre, nous savons que nous buterons sur d’énormes problèmes”.