Après sa démissionGeorges Mischo estime "qu'il aurait dû se comporter beaucoup plus fermement avec les syndicats"

Carine Lemmer
traduit pour RTL Infos
"Il est très important pour moi que ce 'Mischo-Bashing' cesse. J’ai pris des coups pendant un an et demi, de tous côtés, et maintenant ça suffit", a déclaré jeudi matin, sur RTL l'ex-ministre du Travail et des Sports, Georges Mischo.
© RTL

Georges Mischo a démissionné il y a un peu plus d’un mois de son poste de ministre du Travail et des Sports et il sera à nouveau assermenté la semaine prochaine comme député CSV. Il dit vouloir aller de l’avant : “Je suis quelqu’un qui se relève toujours quand il tombe”.

Evoquant les raisons de sa démission, le futur député insiste sur le fait que “certains ont simplement exagéré. Quand je pense à cette lettre des syndicats, elle n’était pas seulement irrespectueuse, elle était aussi sans niveau, infecte et surtout lâche, car toutes les situations qu’ils ont décrites dans cette lettre étaient en partie fausses.” Georges Mischo trouve pitoyable que l’OGBL et le LCGB n’aient jamais eu le courage de lui adresser ces reproches en face.

“Il aurait fallu se comporter plus fermement avec les syndicats”

A-t-il commis des erreurs en tant que ministre ? “Qui ne fait pas d’erreurs ?”, a répondu l’ex-ministre. “J’ai certainement commis des erreurs, comme peut-être avoir fait trop longtemps confiance à tel ou tel fonctionnaire qui n’a pas accompli sa tâche, à savoir, selon moi, ce qu’un fonctionnaire doit faire : protéger son ministre.

Il aurait probablement aussi dû se comporter beaucoup plus fermement avec les syndicats, estime Georges Mischo. “Je pense que le gouvernement aurait dû le faire également, car l’accord de coalition indique très clairement pourquoi ce gouvernement CSV-DP existe. Et malheureusement, on a parfois fait marche arrière. Et ce faisant, nous avons renforcé les syndicats. Et je pense que c’est une erreur du gouvernement lui-même, mais surtout de ma part.

Même lors des négociations sociales, il y a eu un “blocage extrême” du côté syndical, selon l’ex-ministre du Travail. L’accord de coalition prévoit pourtant que le droit du travail doit devenir “plus équitable et moderne”. “Mais malheureusement, le travail dominical mis à part, peu de choses ont été réalisées jusqu’à présent”, selon Georges Mischo.

Et l’ancien ministre d’ajouter: “Nous nous sommes mis dans une situation où nous avons simplement rendu les syndicats trop puissants. Les syndicats se sont soudain sentis très, très forts et n’ont fait que taper sur le gouvernement. Et ce n’est pas seulement sur moi qu’ils ont tapé, malheureusement ils ont aussi tapé sur le Premier ministre.

Concernant l’affaire du musée des sports, Georges Mischo s’est défendu jeudi matin, même si tout cela s’est déroulé de manière malheureuse. Lui et son ministère n’auraient commis “aucune erreur de procédure”. Il a également trouvé “étonnant qu’au début décembre, il y ait soudain eu 680.000 spécialistes en marchés publics. Tout le monde savait mieux que les autres.” Si cela avait été si évident, le gouvernement n’aurait pas eu besoin de demander un avis juridique.

Curieux de l’évolution de la politique sociale “sans cet affreux Mischo”

Mardi prochain, Georges Mischo fera son retour à la Chambre des députés. Il sera assermenté en tant que nouveau député CSV. Il ne siègera pas à la commission des Sports ni à celle du Travail, mais souhaite garder un œil sur ces dossiers. Avec sarcasme, il a déclaré que maintenant, “sans cet affreux Mischo, le pourcentage de conventions collectives, allait crever le plafond”. Alors que depuis 40 ans le taux de couverture se situait entre 54 et 56%, “il est curieux de voir s’il grimpera à 70 ou 80%, et si Dury et Back tomberont dans les bras l’un de l’autre pour fêter cela”. Mais cela n’arrivera pas, selon Georges Mischo.

Victime de chantage dans le dossier Liberty Steel ?

Georges Mischo souhaite également garder un œil sur le dossier Liberty Steel. Et là aussi, il a adressé de vives critiques aux syndicats. Il affirme avoir été “victime de chantage et de pressions de la part des syndicats pour envoyer les sept derniers employés en préretraite”. Ils l’auraient incité à enfreindre la loi, tandis que ses collaborateurs le suppliaient de ne pas le faire. “Et je ne l’ai pas fait, parce que c’était simplement illégal.” C’est aussi pour cette raison qu’il a fini par être dénigré ensuite.

“Je ne me suis jamais affranchi d’aucun règlement”

Georges Mischo peut cependant se regarder dans le miroir chaque matin. “Je ne me suis jamais affranchi d’aucun règlement, durant tout le temps où j’ai été et où je serai un responsable politique”, a déclaré l’ex-ministre. C’est aussi ce qu’il a expliqué à ses enfants.

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