Après la réaction de la Fédération des artisansFranz Fayot ne vise ni la construction ni l'artisanat, mais les promoteurs

RTL Infos
Le ministre de l'Economie maintient ses déclarations sur le secteur immobilier, mais écarte la construction et l'artisanat de la ligne de mire.

"Bien sûr que je ne vais pas le faire!": le ministre de l'Economie ne retire pas ses propos sur le secteur immobilier, même après que la Fédération des artisans l'ait exigé dans une lettre ouverte. La Fédération y reproche au ministre des "spéculations et insinuations", car il avait soulevé une suspicion de collusion dans le secteur à partir de l'enquête de l'Autorité de la concurrence. Franz Fayot maintient donc ses déclarations, mais affirme, dans une interview accordée à RTL, que l'Autorité de la concurrence et lui se sont concentrés sur la promotion immobilière et pas sur la construction ou l'artisanat.
En ce qui concerne la suspicion de collusion dans le secteur de l'immobilier, la Fédération des artisans accuse l'Autorité de la concurrence et Franz Fayot de faire un amalgame entre les promoteurs, les entreprises de construction et les entreprises artisanales, et demande que si de tels cas sont avérés, des noms soient cités. Romain Schmit, le CEO de la Fédération des artisans, se demande si, maintenant que le secteur est confronté à une "crise grave", il n'y a rien de mieux à faire que de "s'acharner" ainsi sur les entreprises de construction. Franz Fayot indique que la balle est dans le camp de l'Autorité de la concurrence, après que son président, Pierre Barthelmé, ait dit sur RTL Radio qu'après l'enquête sectorielle, il fallait compter sur des instructions. Il faudrait voir "au cas par cas", s'il y a eu collusion ou pas.

Franz Fayot souligne que l'enquête sectorielle et ses propos se concentrent sur les promoteurs et pas sur le secteur de la construction ou l'artisanat. Le ministre socialiste réitère le constat qu'entre 2010 et 2020, le secteur du bâtiment a seulement réalisé une marge de 5%, alors que les promoteurs ont réalisé une marge de 20%. Ce qui indiquerait une spéculation sur le foncier. Selon lui, les entreprises de construction et les entreprises artisanales souffriraient aussi de la poussée des prix des promoteurs. Romain Schmit répond que l'on peut voir cela comme ça, mais que ce serait "le jeu normal dans une économie de marché". Il y aurait une offre et une demande, et acheteur et vendeur auraient des intérêts différents. Il en irait de même pour les promoteurs et les entrepreneurs.

Le reproche de la Fédération des artisans que l'Etat bloquerait lui-même des terrains, et pas le secteur privé, serait un "reproche classique", poursuit Franz Fayot. L'Autorité de la concurrence, qui s'est référée à des études du centre de recherche LISER, a montré que la majeure partie des terrains à bâtir étaient aux mains de quelques particuliers seulement et qu'on retrouvait les mêmes personnes dans les sociétés de promotion immobilière. Mais dans le même souffle, Franz Fayot dit aussi que les procédures, trop longues, provoqueraient quasiment de la rétention foncière. Le ministre ajoute que c'est pourquoi il faudrait nuancer la lettre ouverte de la Fédération des artisans: "C'est un ensemble de problèmes qui se rejoignent".

Franz Fayot rappelle aussi les mesures d'aide du gouvernement pour le secteur de la construction, pour rejeter l'accusation que l'Etat ne ferait rien et qu'il rendrait les investissements peu attrayants. Il est cependant évident qu'il faudrait faire encore davantage: "Le coeur du problème, c'est que les logements sont toujours considérés comme un marché, avec lequel on peut faire de l'argent et il faut sortir de cet état d'esprit". Pour résoudre le problème du logement, il faudrait "intervenir davantage" au niveau des marges.

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