
Lundi, le Premier ministre Luc Frieden ainsi que la nouvelle Maréchale de la Cour, Sasha Baillie, ont été entendus par la commission parlementaire à propos des dépenses de la Cour grand-ducale. La Cour des Comptes avait publié en novembre un rapport spécial sur les années 2021-2022.
L’opposition critique surtout la persistance du manque de transparence entre les dépenses liées à la représentation publique et celles liées à des événements privés. “Il y a là un certain flou artistique.” Par exemple, lorsque d’autres “têtes couronnées” rendent visite au Grand-Duc. Il devrait y avoir des critères clairs sur ce qui relève de la sphère privée et ce qui comprend aussi un volet représentation.
En outre, pour des événements de la Cour grand-ducale, il est souvent fait appel à du personnel, qui ne provient pas de la Maison du Grand-Duc, mais d’autres administrations de l’État, c’est-à-dire de la police, de l’armée et autres. Il faudrait enfin que ces frais soient facturés à la Maison du Grand-Duc, mais ce n’est pas le cas, a constaté l’invité.
Franz Fayot est également dérangé par le fait que la Cour grand-ducale obtienne un “traitement de faveur”, pour la “modification expresse du PAG de la zone spéciale du château à Colmar-Berg, afin que le Grand-Duc héritier Guillaume puisse y construire une maison dans le jardin”. La maison sera certes “construite avec des fonds privés de la famille, mais le terrain sera néanmoins mis à leur disposition”, “pour lequel ils n’auront apparemment pas à payer de droit de superficie”, critique Franz Fayot. Il a également posé une question parlementaire sur ce sujet, mais n’a pas encore reçu de réponse.
Un autre problème constaté par la Cour des comptes est que même cinq ans après le rapport Waringo, seuls 10 % des “biens” de la famille ont été inventoriés. Il faudrait simplement se donner les moyens nécessaires pour faire l’inventaire. Cela vaut aussi pour les archives et la bibliothèque du Grand-Duc, où se trouvent des livres très précieux. Ce n’est pas seulement “une question de moyens, mais aussi d’ambition”, estime le député socialiste.
On voit que sous l’actuel Premier ministre, il y a à nouveau une tendance à “laisser le Grand-Duc agir à sa guise”, trouve Franz Fayot. L’argument de Luc Frieden est qu’il s’agit finalement du Chef de l’Etat et qu’il n’est “pas si simple pour lui de séparer le public du privé”. “C’est inquiétant”, car cela va dans “une direction qu’au fond nous ne voulions plus”. L’élu LSAP souhaiterait un cadre clair avec des règles et des critères clairs, transparents et retraçables et que le gouvernement aussi bien que la Chambre puissent contrôler que tout fonctionne de manière légale.