
C'est par bribes, savamment distillées via les réseaux sociaux jusqu'ici, que ses protagonistes avaient fait connaître leurs intentions de créer un nouveau parti politique, très différent ce ceux qui peuplent déjà le paysage politique luxembourgeois. Comme annoncé, le nouveau parti, ses propositions et ses ambitions ont été présentés ce lundi lors d'une conférence de presse organisé dans un restaurant route d'Arlon à Strassen. Il a été baptisé "Fokus".
"Beaucoup de gens ne se retrouvent pas dans les partis actuels", pose d'emblée Marc Ruppert, président de Fokus. Fondé le 6 février, le parti ne dispose pas encore d'un programme de base détaillé, mais sera constitué officiellement lors d'un congrès au mois de juin. Ce nouveau parti, "n'a pas d'idéologie fixe", mais veut "être pragmatique et courageux". Il promet de se détacher du système de décision pyramidal des grands partis. C'est la base du parti, dont les partisans ne seront pas nécessairement encartés, qui donnera le ton.
"Nous aimerions valoriser l'engagement des citoyens, beaucoup sont dans des clubs et des associations, mais ne sont pas vraiment reconnus dans ce qu'ils font", relève Marc Ruppert, ancien secrétaire général déçu du DP. Il avait annoncé son intention en début de mois sur RTL de faire équipe avec Frank Engel, ancien président du CSV, le principal parti d'opposition. Frank Engel, porte-parole de Fokus, a été excusé dès le début de la conférence de presse par le président pour raisons de santé.
Les vingt fondateurs de Fokus ont surtout relevé que la pandémie liée au Covid-19 avait fait émerger des valeurs citoyennes. Le parti est décidé à valoriser la solidarité (par rapport aux plus faibles et à ceux qui rejoignent le pays), le respect mutuel, le respect des libertés individuelles, la conscience de ses responsabilités et de ses devoirs, l'égalité des chances, mais aussi l'engagement "qui ont tenu le pays durant la crise", résume Marc Ruppert.
Le parti s'est déjà fixés des objectifs bien précis. Gary Kneip, secrétaire général, explique: "notre but est de réunir 100 nouveaux membres prêts à se profiler vers l'extérieur dans les 100 jours qui viennent". Un autre but est de lancer dès mars six groupes de travail pour débattre autour de six thèmes forts comme la mobilité, le logement, l'Environnement et l'énergie ou encore l'État de droit. Ces travaux seront régulièrement présentés sur le site internet de Fokus et pourront être commentés par chacun pour faire progresser la réflexion. Une façon de "créer le dialogue avec une grande transparence. L'aspect participatif est très important", souligne Gary Kneip, entrepreneur par ailleurs

Le parti veut aussi faire émerger "au moins dix points forts du futur programme dans les trois mois à venir", explique Marc Ruppert. Car l'ambition de Fokus est d'apporter des solutions à des thématiques bien connues au Luxembourg comme le logement, le Climat, l'équité fiscalité ou encore le pouvoir d'achat et de se profiler pour faire partie du prochain gouvernement. Car "si on veut changer les choses, on doit être en responsabilité", lance Marc Ruppert qui exclut d'ores et déjà une coalition avec l'ADR.
L'ambition de Fokus qui se situe "au centre du spectre politique" est de peser, avec ses propositions et toutes les bonnes volontés qui rejoindront le parti, sur les trois élections (communales, législatives et européennes) qui auront lieu en 2023. La tête de liste pour les élections législatives d'octobre sera décidée lors du congrès constitutif de juin. Pour les élections communales de juin, Fokus veut favoriser, via sa plateforme, la constitution de listes citoyennes.
Les jeunes sont clairement visés par le nouveau parti qui entend leur donner de l'espace pour s'exprimer dès 15 ans. Vice-présidente aux côtés de François Kirsch, l'étudiante Anne Lecuit, 20 ans, a la charge de créer la section jeune du parti qui sera ouverte aux 15-25 ans.
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