Sans-abrisme au LuxembourgFin de la Wanteraktioun : "c'est dur de devoir partir maintenant"

Tim Morizet
La fin de la Wanteraktioun va renvoyer une fois encore des centaines de sans-abri dans la rue, soulignant le besoin urgent de s'attaquer à ce fléau alors que le sans-abrisme continue d'augmenter.
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La Wanteraktioun a de nouveau fermé ses portes à la mi-avril après cinq mois de pause hivernale. L’objectif, sous tutelle du Ministère de la Famille, est d’accueillir des personnes sans domicile fixe pendant les mois d’hiver, de leur fournir un lit pour la nuit et un repas matin, midi et soir.

Pour beaucoup de concernés, la fin de cette “action hiver” signifie : reprendre la route. Trouver un abri.

Linda Mulligan est l’une de celles qui ont été touchées. “Je suis ici parce que mon ex-partenaire a perdu son emploi. Du coup, nous avons perdu notre appartement et nous nous sommes retrouvés ici”. Linda a passé 12 semaines dans le centre de la Wanteraktioun et a fait partie des plus de 300 personnes qui ont bénéficié de l’initiative au cours des cinq derniers mois.

Aujourd’hui, dit-elle, elle se retrouve sans ressources : “Je n’ai pas d’argent. Je n’ai rien. Ils donnent des numéros à appeler. Mais personne ne répond. Tout le monde ici a été si gentil avec moi. Les gens qui travaillent ici, le personnel, les bénévoles. Nous avions un lit et de la nourriture. J’en suis reconnaissante, mais c’est dur que tout le monde doive partir maintenant. Et je ne sais pas où tout le monde va aller.”

En moyenne, 15 expulsions par mois au Luxembourg

Avec l’arrivée du printemps, l’attention politique a également tendance à faiblir, critique l’association “Solidaritéit mat den Heescherten”. Le risque de se retrouver à la rue augmente, le Luxembourg enregistrant en moyenne 15 expulsions par mois.

Guy Foetz, de l’association, a souligné le manque de statistiques fiables concernant l’hébergement d’urgence au Luxembourg. Il a constaté que les listes d’attente pour les places en refuge sont extrêmement longues, s’étalant souvent sur des mois, et a souligné un autre obstacle majeur : il faut avoir une adresse officielle au Luxembourg pour accéder à des services de base comme l’aide médicale.

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Il a ajouté qu’une fois qu’une personne se retrouve dans la rue, peu de services sont à sa disposition, notamment en ce qui concerne les besoins de base comme les repas chauds le soir ou le week-end, ou les installations d’hygiène comme les douches - qui, selon lui, sont pratiquement inexistantes à Luxembourg-Ville.

Le sans-abrisme augmente chaque année

Selon le ministère de la Famille, le nombre de sans-abri augmente d’environ 6 à 7 % chaque année. D

es enquêtes récentes ont recensé plus de 300 personnes vivant dans la rue à Luxembourg-Ville et à Esch-sur-Alzette, bien que les chiffres concernant les zones rurales soient plus difficiles à obtenir. Pour lutter contre cette augmentation du nombre de sans-abri, le ministère travaille actuellement à l’élaboration d’un plan d’action, a expliqué le ministre de la Famille, Max Hahn.

Le ministre a souligné que de nouvelles structures sont en cours de développement, non seulement pour offrir des lits, mais aussi pour assurer un accompagnement continu afin d’aider les personnes à atteindre une stabilité à long terme. Il a également insisté sur l’importance de l’approche “Housing First” (“Logement d’abord”), qui vise à offrir aux personnes légalement autorisées à résider au Luxembourg la stabilité dont elles ont besoin.

Il existe actuellement 46 appartements “housing first” au Luxembourg. Ces logements sont destinés à aider les personnes sans abri à se réinsérer dans la société grâce à des services d’accompagnement. Cependant, le ministère reconnaît que trouver un logement disponible reste difficile.

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