
Lundi, le ministre de l’Économie et des PME, Lex Delles, le président du GIE Observatoire national des PME et CEO de Luxembourg Confederation, Tom Baumert ainsi que la directrice de l’entrepreneuriat à la Chambre de commerce, Stéphanie Damgé, ont présenté la quatrième édition du “Retail Report”.
“Retail” est le terme anglais pour ce que l’on appelle “commerce de détail” en français. C’est un concept très large qui englobe à la fois le commerce en ligne et le commerce traditionnel dans des magasins physiques, et qui inclut tout ceux, du boulanger au bijoutier, qui vendent un produit.
Le commerce de détail est en permanence en mutation. Ce n’est un secret pour personne. Robert Goeres a souligné mardi sur RTL que les commerçants doivent mieux s’organiser en matière de vente en ligne.
Le président de la Luxembourg Retail Federation l’a répété à de nombreuses reprises : il faut “une bonne mixité” entre la boutique traditionnelle et la boutique en ligne.
Malgré de grands défis, Robert Goeres motivent les personnes qui envisagent de devenir entrepreneurs. “En ce moment, il est plus qu’agréable de devenir indépendant ". De nombreuses aides sont désormais proposées, a expliqué le commerçant. Il a d’abord mis en avant le programme “Primo‑création” du ministère de l’Économie : toute personne qui ouvre sa première entreprise reçoit 2.000 euros par mois durant les six premiers mois. La House of Entrepreneurship aide à élaborer le business plan. La Mutualité de cautionnement de la Chambre de commerce aide ensuite à rassembler les cautions nécessaires pour des garanties bancaires. Enfin, Robert Goeres a cité l’initiative “Localyze.lu” de la Luxembourg Confederation, qui crée un cadastre des commerces dans tout le pays. Cela permet d’avoir une vue d’ensemble sur la localisation des entreprises et sur les endroits où il existe une clientèle. Il y a quelques années, de telles initiatives n’existaient pas, regrette Robert Goeres. C’est pourquoi il les accueille d’autant plus favorablement aujourd’hui.
Le commerce de détail est très diversifié, a expliqué Robert Goeres, et les situations varient énormément selon les secteurs.
Dans l’alimentation, par exemple, 110 nouveaux commerces ont ouvert depuis 2019, soit une hausse d’environ 20 %. L’augmentation est particulièrement marquée dans le secteur du discount, où la surface de vente a progressé de 40 %.
Pour les artisans comme les boulangers et les bouchers, en revanche, la surface a diminué de 15 %. Le président de la LRF en conclut que “les grandes entreprises s’en sortent mieux face aux nombreuses contraintes”. Il faudrait donc “davantage de volonté politique, au Luxembourg comme au niveau européen, pour mieux soutenir les petites entreprises”. Ce sont justement ces multiples contraintes qui représentent le principal bemol pour le commerçant, pourtant habituellement optimiste.
Les magasins de vêtements, en particulier, rencontrent effectivement de grosses difficultés. Les clients achètent beaucoup en ligne et il existe de grandes chaînes. Cependant, Robert Goeres est convaincu que de nouvelles niches apparaîtront et que les commerçants pourront les occuper. Et, après tout, “en ligne, il n’y a pas d’odeur, pas de goût et pas de toucher”, ces éléments constituent “des valeurs ajoutées pour les vrais magasins”, souligne Robert Goeres.
Même dans le segment du luxe, dans lequel Robert Goeres est actif, un véritable changement semble se dessiner : de nombreuses maisons renommées, de Rolex à Cartier, privilégient désormais les boutiques monomarques, c’est‑à‑dire des magasins qui vendent exclusivement leur marque, et aucune autre.
En tant que dirigeant, Robert Goeres a suivi cette évolution et s’est engagé, dans trois boutiques, auprès d’un seul fournisseur suisse à chaque fois. Oui, il a alors certaines obligations envers ces marques. Mais il voit cela plutôt comme un partenariat. L’objectif est de rester innovant et d’essayer d’être un précurseur, explique‑t‑il, tout en soulignant que “c’est une tendance qu’il ne faut toutefois pas généraliser. Il faut à nouveau une mixité avec des boutiques multimarques ainsi que de boutiques monomarques”. Il faut des boutiques qui vendent plusieurs marques de luxe, mais aussi, pour les clients passionnés, des magasins spécialisés dans une seule marque.
A propos de la situation des commerçants de la Ville de Luxembourg, Robert Goeres veut voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Le taux de vacance commerciale s’est stabilisé, et “les parkings sont souvent pleins”, ce qui signifie, selon lui, que la Ville attire des gens qui viennent pour faire leurs achats. “Et cette tendance se confirme. Nous attirons à Luxembourg-ville des gens venant de la Grande Région. Et nous devons continuer à travailler dans ce sens : rester attractifs, et faire en sorte que les clients – aussi bien les Luxembourgeois que ceux de la Grande Région – viennent avec plaisir à Luxembourg et y soutiennent le commerce de détail.”