Commissions parlementairesEchanges de vue sur la situation en Afghanistan et sur la politique migratoire du Grand-Duché

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Vendredi matin, la situation actuelle en Afghanistan a été au centre d'un échange de vues par visioconférence entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense et les députés membres des Commissions concernées.
© AFP

Le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, et le ministre de la Défense, François Bausch, ont notamment abordé les questions de la migration et de la politique d'asile.

Comme d'autres pays européens, le Luxembourg a la responsabilité d'évacuer les personnes qui ont travaillé sur place pour des institutions européennes ou pour l'OTAN ou celles qui se sont engagées en faveur des droits de l'homme, et c'est ce qui s'est passé. Un certain nombre de questions se poseraient cependant à présent, particulièrement au niveau de la politique d'asile européenne, affirme le député CSV Claude Wiseler.

"Quelles sont les règles communes que nous allons nous donner et qu'il faut donner? Il n'est pas possible qu'un tourisme d'asile soit créé. C'est pourquoi il est essentiel qu'on tente la semaine prochaine de parvenir à une réglementation commune. Je doute que cela puisse marcher, car nous savons ce qui s'est passé sur ce point ces dernières années. Mais il est important quand même maintenant de clarifier [la situation] pour ces gens qui ont essuyé un refus ces derniers mois, au Luxembourg et aussi dans d'autres pays, là où il est évident que nous ne pouvons pas les renvoyer en Afghanistan, que nous trouvions au moins là une réglementation commune sur la manière de procéder avec ces gens en Europe.“ 

Là se poserait évidemment la question de ce qu'il en est des regroupements familiaux, selon Claude Wiseler. Une aide humanitaire doit être fournie, il y a consensus sur ce point. En revanche, le député ADR Fernand Kartheiser n'est pas d'accord avec le gouvernement en ce qui concerne la politique migratoire.

"La position de Monsieur Asselborn d'amener des gens en Europe, quatre à cinq autres pays dans toute l'Union européenne l'ont encore. Les autres ne partagent plus du tout cette politique. Et la présidence slovène avait déjà déclaré qu'une nouvelle vague de réfugiés en Europe serait hors de question. Monsieur Asselborn est donc là très minoritaire et nous de l'ADR, nous considérons plutôt que la position des autres Etats est plus raisonnable. Ce que nous avons proposé et ce que proposent aussi d'autres états, c'est que nous soutenions maintenant massivement le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l'ONU, pour recueillir ces gens dans la région et pour les aider là en collaboration avec l'Iran, le Pakistan etc. C'est un projet beaucoup plus réaliste et c'est aussi ce qu'il faut à présent.“

Vu que l'aéroport a été fermé plus tôt que prévu, il faudrait trouver d'autres voies pour évacuer tous ceux qui attendaient là-bas, trouve le député des Piraten, Marc Goergen.

"Cela signifie que maintenant nous devons créer des opportunités dans les zones frontalières, et très rapidement, que des frontières soient ouvertes, que les gens puissent fuir au moins en voiture ou à pied, si l'aéroport est fermé, parce que sinon, nous ne donnerons à ces gens plus aucune possibilité de s'en sortir d'une manière ou d'une autre. Cela signifie que la priorité doit être à présent que le ministère des Affaires étrangères, que toute l'Union européenne, veillent à ce que les frontières restent ouvertes pour qu'au moins ceux qui doivent sortir puissent encore le faire par la route.“

La reconnaissance éventuelle des talibans pour une future coopération avec le régime et la question d'une politique coordonnée de Défense européenne font partie des sujets également abordés.

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