
A Khmelnitski, l'hôpital militaire manque quasiment de tout à cause de la guerre. Il n'y a pas suffisamment de matériel médical et le courant est toujours coupé. La section luxembourgeoise de l'IPA a voulu soutenir ses collègues ukrainiens et a collecté des dons auprès de ses membres pendant plusieurs semaines, afin de pouvoir acheter du matériel et des générateurs. Près de 11.000 euros ont été récoltés au Luxembourg et l'IPA a ajouté sa contribution. Des marchandises d'une valeur de près de 15.000 euros ont ainsi pu être acheminées en Ukraine. L'IPA a été soutenue dans son action par Hospilux et Intralux.
Lundi, Vic Reuter et Nico Crelo ont pris la route depuis Luxembourg, direction l'Ukraine avec, entre autres, deux générateurs électriques, des kits de premiers secours, des cathéters et beaucoup de pansements spéciaux pour brûlures et blessures de guerre. La remise des dons a eu lieu mardi matin à la frontière entre la Pologne et l'Ukraine, plus précisément à Krakovets.
Mais le passage de la frontière a pris un peu de temps, comme le raconte Vic Reuter: "Il y a des contrôles stricts et minutieux à deux checkpoints. Les policiers frontaliers et la douane ont été gentils et serviables."
Les choses se sont passées tout autrement de l'autre côté de la route, c'est-à-dire pour sortir d'Ukraine et rejoindre l'UE: "Le voyage de retour s'est avéré une pure brimade pour des raisons administratives ou peut-être par incompétence volontaire du côté polonais avec environ quatre heures d'attente. Des douzaines de conducteurs étaient bloqués et pour notre voyage de retour, ils nous ont même envoyés avec le camion vide pour un scanner complet."
Les deux palettes et demie de matériel médical et les deux générateurs ont été laissés sur une aire d'autoroute en Ukraine. Ivan Stepnyskvi, expert médical à l'hôpital de Khmelnitski, a réceptionné en personne l'aide humanitaire.

"L'aire est très fréquentée tout au long de la nuit. Des marchandises sont transbordées, il arrive beaucoup de bus, avec des gens qui rentrent au pays et la police frontalière en uniforme se retrouve ici après le service autour d'un café", explique Vic Reuter.
L'hôpital de Khmelnitski accueille aussi bien des soldats et des policiers blessés que des civils. "La majorité des patients souffrent de blessures à la tête ou aux membres. Mais il y a aussi beaucoup de contusions graves. C'est-à-dire des blessures de guerre typiques", selon Ivan Stepnyskyi.
Depuis la guerre, de nouvelles tâches ont été confiées à la police ukrainienne. Parmi celles-ci, l'occupation des routes bloquées, des patrouilles renforcées dans la lutte contre d'éventuels espions et des gens voulant vider des boutiques et le contact direct avec les civils pour les informer et les calmer. Les policiers doivent aussi escorter les transports de réfugiés, désamorcer des explosifs et préserver les preuves.

L'expert médical Ivan Stepnyskyi parle de frappes aériennes occasionnelles et d'alertes, auxquelles la population se serait cependant déjà en partie habituée. La population ukrainienne serait toujours en état d'urgence et la guerre aurait un impact négatif majeur. Dans cette situation, les Ukrainiens voient cependant aussi quelque chose de positif, comme l'explique l'interprète Maya Vladinka: "Nous voyons beaucoup de serviabilité, de gentillesse et de générosité. C'est beau de voir qu'on n'est pas seul dans ces moments difficiles. Nous en sommes très reconnaissants."