
Après avoir commandé une enquête auprès de TNS Ilres sur le sujet de l'euthanasie, la commission de contrôle de la Chambre des députés est arrivée à la conclusion que la loi sur l'euthanasie connait un déficit d'informations. D'après cette étude, seules quatre personnes sur dix (43% exactement) connaissent son existence. Sans surprise, ce sont les personnes les plus âgées qui connaissent mieux cette loi, le taux montant à 56% pour les plus de 65 ans.
La loi sur l'euthanasie qui concerne les maladies incurables a été votée, il y a bientôt onze ans, en mars 2009. Depuis, 71 cas d'euthanasie ont été recensés au Luxembourg, soit nettement moins que chez nos voisins, la Belgique et les Pays-Bas, qui ont des lois similaires. La loi luxembourgeoise sur l'euthanasie a d'ailleurs été inspirée par la loi belge.
Il reste encore beaucoup d'efforts et de travail pour informer les gens sur les options qui se présentent à eux. Pourtant, 85% des personnes interrogées considère que "cette loi est une bonne chose", notamment pour "éviter les souffrance" (44% ce ceux qui trouvent que c'est une bonne chose) ou pour "décider soi-même de son décès" (36%). Cependant 65% des personnes sur 10 65 savent au moins à peu près de quoi on parle lorsqu'on évoque la notion de "dispositions de fin de vie".
Si seuls 5% des personnes interrogées se déclarent contre une loi autorisant et encadrant l'euthanasie, 11% pensent qu'il existe des abus sur son application. La non-application de la loi est également commentée et 13% ont connu une situation où une euthanasie avait été souhaitée mais n’a pas été pratiquée. Dans le même ordre d'idée, 15% ont eu connaissance d’une situation d’acharnement thérapeutique au Luxembourg.
Le sujet de la mort reste tabou et seuls 20% des personnes interrogées discutent régulièrement de la mort avec d'autres personnes. C'est avec son conjoint (55%), ses amis (51%) et plus rarement sa mère (32%) que l'on "peut discuter de la fin de vie". 78% des personnes sont favorables à la mise en place d’une consultation spéciale pour parler des questions de fin de vie, notamment avec un médecin prêt à pratiquer une euthanasie en cas de demande. Sept personnes sur 10 estiment qu’un médecin devrait obligatoirement être mis à disposition par les hôpitaux pour pratiquer une euthanasie en cas de demande.