Quartier de la GareDire que les dealers sont vite relâchés, "c'est faux!"

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Pas question de privatiser le maintien de l'ordre, ni de laisser dire que la justice ne fait pas son travail. Suite à la vidéo de l'attaque du chien qui a reboosté la discussion sur l'insécurité autour de la gare centrale, Sam Tanson, ministre de la Justice réagit ce lundi.
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Sam Tanson vit à Bonnevoie où elle a grandi et "comprend très bien les gens confrontés aux incivilités" et qu'ils "puissent avoir peur". Elle passe quotidiennement dans le quartier gare, souvent tardivement, mais "n'a pas peur" d'y circuler a avoué ce lundi la ministre de la Justice au micro de RTL Radio.

Le débat sur la politique de la sécurité dans le quartier de la gare de Luxembourg-Ville est relancé depuis que la vidéo sur l'attaque non maîtrisée d'un chien de la société de gardiennage privée G4S a créé le malaise. Le vice-premier ministre, François Bausch (Déi gréng, comme Sam Tanson) estime qu'"une ligne a été franchie" et la bourgmestre de Luxembourg a dit qu'elle "ne démissionnerait pas face aux dealers", le trafic de drogues étant le nœud du problème.

Je ne peux pas laisser dire que la justice ne fait pas son travail

Sam Tanson revient ce lundi sur le sujet clivant de faire surveiller le quartier la nuit par une société privée ou non. Elle est contre cette idée car "il s'agit d'un principe" qu'elle résume en une question: "jusqu'où voulons-nous aller dans la privatisation des prérogatives étatiques ? Et le maintien de l'ordre public est la prérogative étatique la plus sensible".  Car il s'agit de contrôler des personnes et parce qu'elle implique le risque d'utiliser la violence. La ministre exprime un "non" clair à l'idée de privatiser ou de sous-traiter ce droit de l'État car "c'est une question extrêmement sensible".

L'"ÉCHEC ABSOLU"

La ministre explique qu'une société privée "regarde en premier lieu ses bénéfices et essaye de les maximiser" alors que l'État "ne fonctionne évidemment pas de cette manière" et que la Police présente des garanties "qui n'existent pas dans le privé". La ministre cite la formation sur le terrain et le contrôle exercé par l'Inspection générale de la Police (IGP).

Elle souligne surtout que la loi sur le gardiennage de 2002 prévoit trois missions: veiller sur les immeubles et l'immobilier,  assurer le transport de fonds et gérer des systèmes d'alarme. Et elle précise: "Il est écrit dans le texte qu'une société de gardiennage ne peut pas faire une autre activité que les trois mentionnées dans le texte". Les patrouilles ne sont pas
envisagées. 

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La police et la justice interviennent souvent en bout de chaîne quand c'est trop tard et l'insécurité grandissante à la gare est liée au trafic de droques. Et Sam Tanson le dit clairement: "La politique luxembourgeoise et la politique européenne en matière de drogue, menées ces quarante dernières années, sont un échec absolu" et la répression "ne fonctionne pas".

UN PAQUET DE MESURES SERA ANNONCÉ "EN OCTOBRE"

Pour Sam Tanson "il y a des leviers complémentaires qu'il faut actionner" et elle cite l'accompagnement des drogués, la nécessité de créer plusieurs petites structures qu'une seule comme Abrigado, la restructuration urbanistique de la rue de Strasbourg,... autant de pierres à apporter à l'édifice.

Un paquet complet de mesures, préparé par plusieurs ministères, sous l'impulsion du ministre de la Sécurité intérieur Henri Kox (déi gréng), "sera présenté dans un bon mois', en octobre donc.

Mais pourquoi des dealers arrêtés par la police dans le quartier gare sont-ils rapidement laissés en liberté? "C'est un mythe", lance  Sam Tanson. Bien sûr que des personnes peuvent être laissées en liberté mais les chiffres présentés l'été dernier par le procureur d'État Georges Oswald "montrent que c'est faux!"

NOUVEAU MOYEN POUR LES POLICIERS

La ministre de la Justice indique qu'au cabinet d'instruction "entre avril et juin, il y a toujours eu entre cinq et onze arrestations. Et seuls un ou deux n'ont pas été placés à Schrassig (centre pénitentiaire). Je ne peux pas laisser dire que la justice ne fait pas son travail". Elle enfonce le clou en rapportant que "sur les 550 détenus à Schrassig un quart sont emprisonnés en raison d'infractions liées à la drogue, C'est la 2e qualification la plus récurrente après les vols divers".

La possibilité d'expulser les gens est un des moyens à accorder aux policiers souvent cités pour le quartier gare. Dans le paquet de mesures qui sera présenté en octobre, "il ne s'agira pas d'expulsion" au sens large mais de "donner les moyens à la police de faire respecter une "garantie d'accès" qui doit faciliter la vie des gens dans le quartier". Cela signifie que si des personnes bloquent l'entrée d'un immeuble  ou d'un magasin, la police pourra les faire déguerpir.

Dans la vaste question de la sécurité dans le quartier gare "il n'y a pas un seul responsable politique, nous le sommes tous des responsables politiques", tout comme il "n'existe pas une seule solution miracle". Elle pense qu'il serait bien plus fructueux de "se mettre tous autour de la table et de chercher des solutions plutôt que des coupables parmi les autres politiciens".

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