
Selon un rapport spécial de la Cour des comptes, les deux élus auraient utilisé des moyens mis à disposition pour leur travail parlementaire afin de financer des activités liées à leur parti. Une pratique jugée contraire aux règles encadrant l’indemnité des députés.
Le président de la Chambre, Claude Wiseler, a annoncé mardi les mesures retenues. Sven Clement verra un quart de son indemnité parlementaire suspendu pendant un mois et sera écarté des délégations officielles durant cette période. Marc Goergen, lui, écope d’une sanction plus lourde : un tiers de son indemnité sera retenu pendant deux mois et un blâme public lui est adressé. Ces décisions suivent les recommandations du Comité consultatif sur la conduite des députés.
Les faits concernent la période 2018–2023 et sont distincts du dossier "Malt", également examiné par la Cour des comptes dans un autre rapport. Pour ce second volet, les conséquences politiques ou disciplinaires ne sont pas encore connues. La Chambre a toutefois voulu agir rapidement sur les éléments déjà établis, estimant que l’usage de fonds destinés à l’activité parlementaire doit être strictement encadré.
Cette affaire relance le débat sur la transparence et l’intégrité dans l’utilisation des moyens mis à disposition des élus. Les sanctions, rares et symboliquement fortes, visent à rappeler que les indemnités parlementaires ne peuvent en aucun cas servir à financer des structures partisanes. Elles marquent aussi la volonté de la Chambre de montrer qu’elle dispose de mécanismes internes pour traiter ce type de manquements.
Pour les deux députés pirates, cette décision constitue un revers politique, alors que leur parti s’est souvent positionné comme défenseur de la bonne gouvernance et de la transparence. Le dossier "Malt", toujours en suspens, pourrait encore ajouter une dimension supplémentaire à cette affaire si de nouvelles responsabilités venaient à être établies.