
Il s’agissait avant tout d’échanger des expériences. Par exemple, sur la manière dont des patients sont accompagnés au Luxembourg après un grave accident pour réapprendre leur quotidien.
Anton, Alexander, Sasha et Vlad avaient beaucoup de questions à poser au personnel. Comment fonctionne l’exosquelette? Comment fonctionnent les équipements de fitness ultra-modernes? Comment le patient est globalement pris en charge?
Une chose que le personnel n’a pas dû expliquer à Anton, c’est comment réapprendre à conduire une voiture. Le 2 mai 2023, le soldat, âgé aujourd’hui de 41 ans, a été touché par un obus d’artillerie. Deux ans plus tard, il est lui-même venu au Luxembourg en voiture depuis Kiev. Un véhicule qu’il a modifié lui-même pour l’adapter à ses besoins. Il raconte fièrement avoir refait lui-même plusieurs pièces sur une imprimante 3D. Ces dernières années, les Ukrainiens ont appris à s’adapter à toutes les situations possibles.
Alexander serre la main du journaliste de RTL avec son bras bionique, qui donne son nom au projet “Tytanovi”, grâce auquel des soldats blessés sont aidés à réintégrer la vie quotidienne. 16 capteurs situés dans l’épaule transmettent les signaux du cerveau au bras. Un tel bras coûte 125.000 euros.
Alexandre nous montre fièrement une vidéo de lui en train de tirer à l’arc. En 2018, il a remporté une médaille d’argent aux “Invictus Games”, une sorte de jeux olympiques pour vétérans de guerre blessés.
Voilà deux témoignages qui montrent comment des soldats ukrainiens grièvement blessés se battent pour revenir à la vie. La guerre a fait un nombre effroyable de victimes au cours des trois dernières années. Côté ukrainien, on estime qu’environ 100.000 soldats ont actuellement besoin de rééducation suite à des amputations. Un énorme défi.
Mardi soir, lors du gala de l’ASBL LUkraine et jusqu’à la fin du mois, des dons seront collectés au Luxembourg pour financer la rééducation de soldats ukrainiens. Avec l’espoir que des soldats pourront aussi être traités au Grand-Duché.
Ce qui a particulièrement impressionné lundi après-midi, c’est un studio où le patient est analysé virtuellement afin de réaliser ensuite la prothèse la mieux adaptée possible. Un domaine parmi d’autres où le savoir-faire luxembourgeois peut être exporté en Ukraine.