
Dès la mi-juin, il sera possible de réserver les fameux taxis oranges directement avec l'application Uber. L'annonce cette nuit de ce partenariat a déjà suscité plusieurs réactions et elles sont plutôt positives.
"Je suis très contente de l'arrivée de la plateforme Uber au Luxembourg dans quelques semaines", a indiqué la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes. Des négociations commerciales sont menées depuis des années entre Uber et le Luxembourg, mais "maintenant deux acteurs commerciaux se sont trouvés et je m'en réjouis." La ministre est heureuse que la plateforme travaille avec le secteur des taxis, plutôt que contre lui. L'opération amènera certainement plus de clients à l'entreprise.
"Lorsque vous allez à l'étranger, lorsque vous voyagez, vous avez souvent le réflexe de recourir à la plateforme Uber pour vous rendre d'un point A à un point B. Ce n'était pas le cas jusqu'à présent au Luxembourg, mais je crois que les sociétés de taxis vont gagner des client, car nous avons ici une nouvelle plateforme, qui est internationalement connue. C'est bien pour les résidents au Luxembourg, mais aussi pour les visiteurs venus de l'étranger et qui ont le réflexe d'aller sur la plateforme Uber, qu'ils ne trouvaient cependant pas au Luxembourg jusqu'à présent."
Par ailleurs, c'est une opportunité pour rendre les prix plus compétitifs. "Nous savons à quel point les taxis sont chers", souligne Yuriko Backes. Des prix sur lesquels le ministère n'a aucune influence. L'arrivée d'Uber pourrait changer la donne, selon la ministre de la Mobilité.
La Fédération des taxis indique que le secteur doit s'adapter d'une manière ou d'une autre à la numérisation. Le client veut réserver son taxi via une application et il veut connaître au préalable le prix de la course. Paulo Leitão, président de la Fédération des taxis, salue le fait que d'autres exploitants pourront travailler avec Uber. "Nous devrons nous adapter", réagit le fédération, "sinon il sera difficile de survivre".
"Je pense que cela va beaucoup aider les taxis. C'est une nouvelle porte qui s'ouvre avec une autre dynamique. Nous avons vu que tous les exploitants pourront travailler avec Uber. Je pense que c'est très positif pour la plateforme, pour les clients et pour les petits patrons."
Il existait déjà des plateformes de taxis avant l'arrivée d'Uber, mais elles n'étaient pas vraiment connues des visiteurs. Uber permettra d'attirer beaucoup plus de clients et cela pourrait avoir un effet sur les prix.
"Depuis plusieurs années, avec les plateformes numériques, le modèle commercial des taxis a changé. Si nous parvenons à travailler davantage, c’est-à-dire à augmenter le volume de travail, nous baisserons les prix. Si nous parvenons à attendre moins longtemps et à faire moins de trajets 'à vide', notre rentabilité augmentera pour le conducteur et pour l'exploitant. C'est très positif."
Uber relève de la catégorie du travail de plateforme numérique, pour lequel il doit y avoir au Luxembourg des règles claires et des conditions de travail équitables. Les travailleurs doivent être assurés et pouvoir bénéficier de toutes les prestations sociales, a souligné la présidente du groupe parlementaire LSAP, Taina Bofferding, vendredi lors d'un point presse. Il est donc important que la directive européenne sur le travail de plateforme, votée en avril, soit transposée au plus vite en droit luxembourgeois.
Pour ce faire, le gouvernement n'a pas besoin de repartir à zéro, a précisé le député et ex-ministre du Travail, Georges Engel. Un avant-projet de loi est déjà prêt au ministère. En tout cas, il faut veiller à ce qu'un certain nombre de critères soient remplis, afin que le travailleur soit considéré comme salarié et pas comme indépendant comme c'est le cas actuellement. Par exemple, la plateforme devra fixer les horaires du travailleur, sa rémunération, s'il peut travailler pour un tiers et s'il peut se constituer sa propre clientèle. Il faudra bien sûr aussi veiller à ce que le contrôle nécessaire soit effectué sur le terrain. Le contrat de travail pourrait, par exemple, être contrôlé par le tribunal du travail. Il faut donc également s’assurer que le personnel nécessaire sera là pour le faire, selon le député LSAP Georges Engel.