
Après la mutinerie de la semaine dernière au centre pénitentiaire de Schrassig, une trentaine de détenus ont entamé une grève de la faim. Sept d'entre eux l'ont déjà interrompue, a confirmé le directeur de l'Administration pénitentiaire à RTL.
Serge Legil a expliqué qu'après l'émeute survenue dans deux blocs de la prison, une quarantaine de détenus ont été placés en régime séparé, une mesure qui peut durer 30 jours. En ce qui concerne le personnel pénitentiaire, la moitié de ses membres sont dispensés pour diverses raisons, télétravail ou vulnérabilité, par exemple.
Le directeur de l'Administration pénitentiaire a souligné plusieurs points positifs. Des pièces ont été aménagées pour que les détenus puissent communiquer avec l'extérieur via Skype. En outre, depuis jeudi dernier, la couturière en chef et des détenues féminines produisent une soixantaine de masques de protection par jour. Ils sont d'abord destinés aux prisonniers. Le surplus ira au stock national.
C'est ainsi qu'est titrée la dernière lettre de l'association "eran, eraus... an elo?", qui regroupe des personnes intéressées par la justice et la détention.
Ce communiqué avait été publié avant la mutinerie de la semaine dernière au centre pénitentiaire de Schrassig. L'association y réclamait "des mesures justes" pour la prison.
L'ASBL considère comme un problème le grand isolement dans lequel les détenus doivent vivre en ces temps de coronavirus: pas de travail, pas de sport, pas de visite. Elle salue toutefois le fait que les salaires soient toujours payés, même si les détenus ne peuvent plus travailler. Positif également le fait que les prisonniers puissent rester en contact avec leurs proches via Skype. L'association demande cependant que l'usage du téléphone reste gratuit aussi longtemps que les visites ne seront pas autorisées, parce que certains ne peuvent peut-être pas skyper. Les circonstances et la peur du virus pèsent également sur le moral des détenus.
L'association „eran, eraus... an elo?“ s'interroge encore sur la prise en charge sanitaire et médicale à Schrassig. Les détenus peuvent-ils recevoir des masques, des gants et des moyens de désinfection? De quel équipement disposent les gardiens pour éviter la propagation du Covid-19? Il y a beaucoup de personnes vulnérables en prison: des personnes âgées, des toxicomanes... qui vivent dans des espaces très confinés. La propagation du coronavirus en prison pourrait entraîner de graves conséquences. Le centre pénitentiaire est-il équipé et organisé pour des cas extrêmes. Dispose-t-il d'engins d'assistance respiratoire? Et sinon, un prisonnier a-t-il le même droit que toute autre personne à être soigné à l'hôpital?
Pour l'association, tout devrait être entrepris pour que la prison soit aussi peu peuplée que possible. Aucune cellule ne devrait actuellement être occupée par plus d'une personne. C'est seulement ainsi qu'il sera possible d'éviter une catastrophe. Enfin un appel est lancé à la ministre de la Justice, Sam Tanson, afin qu'elle prenne rapidement des mesures pour éviter une crise sanitaire à Schrassig.