
Les nuages qui planent sur l'économie luxembourgeoise seront, selon la nouvelle note de conjoncture du Statec, moins gris qu'annoncé en 2023. Mais les prévisions annoncent de "l'orage" sur le front du pouvoir d'achat dès... le 1er janvier 2024.
Les mesures prises par le gouvernement Bettel-Lenert devraient permettre de freiner encore les prix du gaz, de l'électricité et du mazout cette année. Mais en l'absence de nouvelles mesures et avec la levée des boucliers tarifaires le 1er janvier 2024, les prix à la consommation connaîtront "un ajustement à la hausse, en particulier ceux de l’énergie", prévient déjà le Statec.
L'Institut national dépendant du ministère de l'Économie prévoit d'ores et déjà une hausse du prix d' "environ 40%" pour le gaz et d'"environ 80%" pour l'électricité en 2024. Des prévisions qu'il faut toutefois lire "avec prudence" vues les fortes instabilités géopolitiques et la volatilité des prix de l'énergie qu'on connaît depuis des mois.
Le Statec maintient à 3,4% sa prévision d’inflation pour cette année et anticipe une remontée à 4,8% pour 2024. Dans ce cas une tranche indiciaire "serait payée au 4e trimestre 2023", "puis une autre au 2e trimestre 2024".
Après l'index entré en vigueur au début de ce mois de février, un second acté pour avril et un troisième annoncé pour la fin de cette année, un quatrième est déjà dans les tuyaux pour le printemps 2024. Ce qui représente tout de même quatre augmentations salariales endéans quinze mois! Du jamais vu au Luxembourg.
Dès vendredi 3 mars, gouvernement, patronat et syndicats se retrouveront au château de Senningen pour une nouvelle tripartite.
Les nouvelles prévisions du Statec donnent une image moins négatives de ce début 2023. Alors qu’une récession était attendue pour la zone euro, cette perspective "semble à présent s’éloigner pour laisser la place à un simple ralentissement", résume le Statec.
La nouvelle rassurante est que le Luxembourg "devrait pouvoir profiter d’un contexte européen meilleur que prévu cette année" vu que les indicateurs témoignent d'une "certaine résistance" face aux conséquences de la crise énergétique.
Plusieurs "bonnes surprises" expliquent ce changement. À commencer par un PIB meilleur que prévu en zone euro au quatrième trimestre, une bonne résistance de la demande des ménages ou la bonne tenue du marché du travail. Même si au Luxembourg, le chômage des jeunes est passé de 16,7 à 18,7% entre mai et décembre.
Les inquiétudes concernant l'approvisionnement énergétique se sont aussi dissipées car l'hiver -à l'exception de décembre- n'a pas été particulièrement froid et parce que les ménages, comme les entreprises ont volontairement consommé moins de gaz.
Enfin, les perspectives économiques se sont aussi améliorées après l'annonce soudaine, en décembre, de la fin de la politique zéro-Covid en Chine.