
Près de quarante ans après les attentats du Bommeleeër et plus de dix ans après le début du procès principal, l'affaire n'est toujours pas close. Avant que la procédure visant Marc Scheer et Jos Wilmes, soupçonnés d'avoir perpétré les attentats, puisse se poursuivre, il faut d'abord déterminer si d'anciens hauts fonctionnaires ont fait de fausses déclarations lors du procès principal.
Après 12 jours d’audience, le tribunal avait condamné en février dernier l’ancien directeur général de la police, Pierre Reuland, à trois ans de prison avec sursis intégral ainsi qu’à une amende de 5.000 euros pour faux témoignages à l'issue du premier procès dit Bommeleeër bis.
En revanche, les trois autres anciens gendarmes hauts gradés, Aloyse Harpes, Guy Stebens et Armand Schockweiler, avaient été acquittés. Il en avait été de même pour l’ancien membre de la Brigade mobile, Marcel Weydert, ainsi que pour l’ancien agent de la Sûreté publique, Guillaume Büchler. Le dossier concernant Paul Haan avait quant à lui été traité séparément en raison de son état de santé.
Tant Pierre Reuland que le parquet avaient fait appel de ce jugement. Le parquet n’était satisfait ni de la peine prononcée contre Pierre Reuland, ni de l'acquittement des trois autres anciens responsables de la Gendarmerie. Marcel Weydert et Guillaume Büchler ne sont donc plus concernés par cette procédure en appel.
En première instance, la défense avait fait valoir qu’après plusieurs décennies, il devenait de plus en plus difficile de reconstituer précisément la vérité. Des divergences concernant des dates, des noms ou des souvenirs de réunions ne constitueraient pas automatiquement la preuve de faux témoignages délibérés. "Fondamentalement, aucun faux témoignage n’a été commis ici dans le but d’induire un tribunal en erreur", avait souligné l’avocat Georges Pierret en première instance.
Les avocats avaient également critiqué le travail des juges d’instruction ainsi que la qualité de l’enquête menée dans les années 1980. L’avocat Benoît Entringer avait insisté sur le fait que la défense avait certes mis en évidence des lacunes dans le travail de la justice et de la police, mais qu’elle n’avait pas pu démontrer que les officiers avaient saboté l’enquête ou l’instruction.
Après la condamnation de son client, Roland Assa, l’avocat de Pierre Reuland, avait déclaré que ce dernier servait de "bouc émissaire". Selon lui, après près de quarante ans d’enquête, on s’attendait à ce qu’un résultat concret en ressorte, et non à ce que l’affaire n’aboutisse finalement à rien.
Cinq jours d’audience sont prévus pour ce procès en appel, qui devrait donc durer jusqu’au 10 novembre.
Les attentats du Bommeleeër ne constituent toutefois pas l’objet de cette procédure d’appel. La série d’une vingtaine d’attentats commis entre 1984 et 1986 n’a, à ce jour, toujours pas été élucidée.