
L’Association des agents pénitentiaires avait tiré la sonnette d’alarme en raison d’une recrudescence des incidents violents et des tentatives d’agression. Sa principale revendication porte sur le renforcement des effectifs. Cela permettrait d’assurer une plus grande sécurité autour des détenus et de respecter les périodes de repos. 50 postes ont été approuvés, et 16 autres ont été demandés pour soutenir les 680 agents travaillant actuellement à Schrassig, Sanem (Ueschterhaff) et Givenich. Le nombre de détenus est en effet en hausse et les prisons presque pleines, ce qui engendre des tensions.
Quant à savoir s’il y a réellement davantage de violence, c’est une question à laquelle Serge Legil, directeur de l’administration pénitentiaire, ne peut pas répondre simplement par oui ou par non. Selon lui, il s’agit d’un phénomène qui se manifeste par vagues: “c’est parfois plus, parfois moins, mais si l’on considère l’ensemble des dernières années, la tendance est clairement à la hausse. Cette année, nous avons en effet déjà eu quatre incidents, qui n’étaient pas tous d’une très grande gravité, mais qui étaient néanmoins significatifs”.
Dans ce genre d’incidents, soit les gardiens sont pris pour cible, soit ils doivent intervenir entre les détenus: “nous avons eu un incident, par exemple, où un détenu a lancé une assiette sur un gardien, sans le toucher. Nous avons eu ce fameux incident à Givenich lors de la tentative d’évasion, mais en réalité, il n’y a pratiquement pas eu de grave blessure. Cette année, aucun de nos agents n’a été gravement blessé et espérons que cela continue ainsi. En revanche, l’année dernière, nous avons eu un incident, également à Givenich, où un homme a eu beaucoup, beaucoup de chance ; cela aurait pu être une catastrophe”.
Le président de l’association des agents pénitentiaires a déclaré sur RTL que davantage de personnel signifierait davantage de sécurité, mais ces renforts ne seront pas forcément sur place aussi rapidement que le souhaiteraient l’administration pénitentiaire et les autorités, comme le déplore Serge Legil: “il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas le seul service public à avoir besoin de personnel, et ce n’est pas à nous de décider – c’est une question politique – comment les nouvelles recrues de l’État sont réparties entre les différents services”.
Il reste cependant optimiste qu’un nombre assez conséquent de nouveaux agents soient recrutés prochainement: “mais il faut aussi trouver les bons candidats, nous effectuons un tri assez rigoureux car on parle d’un métier extrêmement exigeant qui met les gens à rude épreuve sur le plan psychologique. Nous ne faisons aucun compromis sur la qualité, ce ne serait pas non plus sérieux par rapport aux personnes qui travaillent déjà avec nous et qui donnent le maximum afin de faire fonctionner le système dans un environnement compliqué”.
Même si le métier d’agent pénitentiaire comporte certains risques, cela reste, aux yeux de Serge Legil, une profession attrayante. Un agent est en quelque sorte un “intervenant de première ligne”, en gros un travailleur de terrain au sein de la prison, un métier qui exige du tact et de l’empathie, et où il faut savoir écouter, sans jamais franchir la ligne de démarcation entre détenu et agent.
Serge Legil assure que l’administration pénitentiaire se bat sur tous les fronts et entretient également un dialogue constant avec les syndicats.