
"Alors que dans d’autres pays comme l’Irlande et même la Tunisie, l’État a mis en place une aide alimentaire gratuite pour les sans-papiers, notrericheLuxembourg n’a pas su en faire autant ! C’est donc la société civile qui a pris la relève" écrit l'Association de soutien aux travailleurs immigrés (ASTI) ce lundi.
Pour tous les travailleurs en situation irrégulière vivant au Luxembourg, la crise sanitaire du Covid-19 "fut dramatique" : "Originaires de pays non membres de l’Union européenne, ceux-ci travaillaient avant la crise dans des conditions non conformes à nos lois. Non déclarés à la Sécurité Social, ils recevaient un salaire bien en dessous du salaire minimum légal. Suite à l’arrêt des activités économiques, ces personnes se sont retrouvées sansemploi, sansaides de l’État, ni droit à l’aide sociale."
Pourtant, "Nombreux sont ceux qui disposent d’un logement, vivent ici avec leur famille, certains avec des enfants scolarisés. Leur seul tort est de n’avoir pas pu accéder à une autorisation de séjour leur permettant de travailler légalement au Luxembourg. La fermeturedesfrontières ne leur a pas non plus permis de rentrer au pays d’origine."
Grâce au soutien de donateurs, l’ASTI a mis en place des permanences de distribution de bons alimentaires aux épiceries sociales. Grâce au soutien de nombreux donateurs, l’ASTI a pu récolter une dizaine de milliers d’euros.
L’ASTI organise à son siège, depuis le 10 avril les mardis et vendredis, des permanences de remise debons alimentaires permettant à ces personnes de faire leurs achats aux épiceries sociales. Cela représente déjà près de 20.000 euros de bons distribués.
Pour en savoir plus sur les aides de l'Asti, cliquez ici.
Se sont adressés à l’ASTI jusqu’à présent 214 personnes, avec parmi eux 61 enfants. Ils représentent 105 ménages dont 32 familles ayant jusqu’à 5 enfants ; 8 familles mono parentales avec 1 à 2 enfants ; 10 couples sans enfants ; et 57 célibataires.
Les principales origines des personnes qui font appel à notre aide sont essentiellement des Brésiliens et des Péruviens d’Amérique Latine, des Sénégalais, Camerounais, Nigérians, et Capverdiens de l’Afrique subsaharienne, des personnes venant de paysduMaghreb. Un quart des demandeurs sont originaires des pays de l’ex-Yougoslavie, avant tout des familles, dont la moitié avaient dans le passé introduit une demande de protection international.
Leur durée moyenne de séjour au Luxembourg est de 3 à 4 années, aucune personne qui s’est présentée avait moins d’une année de séjour. Notons que 6 personnes sont au Luxembourg depuis plus de 10 ans dont 3 plus de 15 ans. La plupart étaient employés dans la restauration et des campings et 90% ont un logementstable.
"Pourquoi ne pas profiter du moment pour régulariser les personnes sans papiers qui vivent et travaillent dans notre pays sans autorisation de séjour? Ces personnes n’ont pas été, jusqu’à présent, à la charge de l’État, ils veulent juste travailler et construire un meilleur avenir pour eux et leur famille" écrit l'Asti.
Elle ajoute: "Le Luxembourg a fait preuve d’un humanisme particulier envers les réfugiés. Qu’en est-il de ces travailleurs précaires qui, faute de papiers de séjour, sont exploités dans notre pays par des patrons sans scrupules? Si ce n’est pour des raisons d’humanisme, faisons-le pour des raisons pragmatiques. Une régularisation est toujours gagnante pour tous : le travailleur peut faire valoir ses droits, l’employeur sort de l’illégalité en payant cotisations et impôts, l’État voit ses recettes augmenter avec ces nouveaux contribuables."
En attendant, l’ASTI a décidé de "poursuivre sa permanence de distribution des bons alimentaires aux épiceries sociales, car la plupart de ces personnes n’ont pas retrouvé leur travailnondéclaré pour subvenir à leurs besoins et ils ne peuvent actuellement pas retourner dans leur pays."