
Décidément, le secteur de la construction broie du noir au Luxembourg en cette mi-2023. La Chambre des Métiers et la Fédération des artisans ont réclamé en fin de semaine passée un plan de maintien dans l’emploi - 4.600 emplois sont menacés - et ont lancé un appel "pressant" au gouvernement.
Si l'augmentation des taux d'intérêts des crédits immobiliers a eu l'effet d'un coup de massue sur les investisseurs privés dans le logement, c'est évidemment l'inflation générale qui est en cause. Ses effets se font de plus en plus palpables. En témoigne le nouvel indice des prix à la construction publié ce jeudi par le Statec. Aujourd'hui, se lancer dans la construction, coûte 12% plus cher qu'il y a un an!
L'indice des prix de la construction n'a progressé "que" de +5,2% entre octobre 2022 et avril 2023, alors qu'il avait évolué de +6.8% le semestre précédent. C'est la première fois qu'il recule depuis avril 2021. Mais sur un an, les prix dans la construction résidentielle "se sont renchéris de 12,3%", doit bien constater le Statec.
En cause, l'"augmentation continue" du prix de certains matériaux et du coût de la main-d’œuvre début 2023.

C'est dans le parachèvement, que les prix ont le plus flambé: +14,7% sur un an. Cela s'explique par l'augmentation du coût de la main-d'œuvre et de certaines fournitures. Au cours du dernier semestre, ce sont les poses de carrelage (+6,9%), de la marbrerie (+8,3%) et de la menuiserie intérieure (+6,7%), mais aussi les travaux de peinture (+6,5%) et de pose de revêtement de sol (+6,2%), qui étaient parmi les plus chers.
Pour la fermeture du bâtiment, qui comprend les fenêtres avec les dispositifs de protection solaire, les portes de garages et les façades, la progression des prix était de 6,1% au cours du dernier semestre et de
16,1% sur un an! Les prix des matériaux isolants et de la main d’œuvre ont fait grimper la facture pour les travaux de façade. La hausse du prix du verre explique l'envolée du prix des menuiseries extérieures (+16,
% sur un an).
Les pris dans le gros-œuvre, les travaux de toiture et les installations techniques ont évolué dans une fourchette plus raisonnable de 9,5 à 11%.
L'augmentation conséquente du prix du ciment et de ses dérivés au cours du dernier semestre a pesé sur les prix des travaux de maçonnerie (+5%), également affectés par la hausse du coût de la main d’œuvre.Par contre, le recul du prix du diesel fait que les travaux de terrassement ont le moins évolué en un semestre (+3,7%).
Les travaux de toiture sont les seuls dont les prix évoluent de moins de 10% sur un an. Mais il faut rappeler que ces travaux furent fortement impactés en 2020 et 2021 (+29.8% entre 2020 et 2021) par la flambée du prix du bois, qui tend à se stabiliser, voire à reculer sur le dernier semestre.
À lire également: