Moins physique mais toujours fatigantComment le travail a évolué au Luxembourg ces dernières années

Thomas Toussaint
Chaque année, la Chambre des Salariés étudie la qualité du travail au Luxembourg. L'occasion de faire le point sur ce qui s'est amélioré... Et ce qui va moins bien pour les travailleurs.
Les salariés au Luxembourg ont un travail de moins en moins physique mais sont davantage sollicités mentalement.
Les salariés au Luxembourg ont un travail de moins en moins physique mais sont davantage sollicités mentalement.
© Unsplash

Ils aimeraient travailler moins, mais en font toujours plus que la moyenne. Ils sont moins soumis à des emplois physiquement moins difficiles mais souffrent de tâches mentalement très prenantes. Comme le constate la Chambre des Salariés dans son étude "Quality of Work Index 2019", le travail continue d'évoluer au Luxembourg.

Globalement, sa dernière enquête lui permet de constater que les salariés du Luxembourg font toujours partie de ceux qui travaillent le plus en Europe (ils sont dans le top 3): 42 heures et 48 minutes en moyenne par semaine pour les hommes, contre 37 heures et 24 minutes pour les femmes (soit trente minutes de plus que l'année précédente). Pour ces hommes et ces femmes, c'est plus que le temps de travail convenu à la base avec l'employeur.

Heureusement, leur sentiment de sécurité à leur poste s'est amélioré ces cinq dernières années. Et plus globalement, il y a des motifs de satisfaction à avoir. La Chambre des Salariés remarque notamment, auprès des 1.495 personnes interrogées, que le niveau de charge physique et de risque d'accident ont baissé de 20 et 22% depuis 2014. Et la concurrence au travail s'est atténuée de 13%.

En revanche, si les salariés y gagnent physiquement, ils sont davantage sollicités mentalement. Leur "charge émotionnelle" a augmenté de 11% en seulement trois ans. Tout comme leur participation aux prises de décision (-12% depuis 2014) et leur autonomie au quotidien (-7%). Pire, le risque de burnout a augmenté de 20% sur la même période.

En clair, les salariés semblent devoir appliquer davantage les consignes et sont moins associés par leurs employeurs aux décisions à prendre. Et la motivation au travail pourrait s'en ressentir: malgré un léger regain cette année, elle est inférieure à la période 2014-2017.

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