
C’est le tube des derniers étés et on s’en passerait bien. Le frelon asiatique s’est de plus en plus invité dans les conversations ces dernières années et rarement un insecte n’avait fait autant l’unanimité contre lui.
Depuis une vingtaine d’années, les nids ont proliféré dans nos régions, constituant d’abord une menace pour la biodiversité. A titre d’exemple, un nid consomme en moyenne 11 kg d’insectes par an, créant un déséquilibre dans les écosystèmes locaux. Les abeilles sont devenues la cible privilégiée de cette grosse guêpe, certes plus petite que son cousin européen, mais capable de mettre une ruche sens dessus dessous en quelques jours.
La Province de Luxembourg a pris le problème à bras-le-corps. “On a pris les devants en mettant en place un plan stratégique de lutte contre la prolifération du frelon asiatique, en concertation également avec les professionnels du secteur apicole que nous avons consultés en décembre dernier”, explique Sam Tayenne, du cabinet de la députée provinciale Marie-Eve Hannard qui a coordonné les actions avec une autre députée provinciale, Coralie Bonnet.
“Ce plan a permis de mettre à disposition gratuitement 45.000 pièges à destination des communes et des citoyens avec un kit de communication pour expliquer comment procéder.”
Chaque commune a été missionnée pour trouver une personne référente qui va ventiler les pièges. Et pour que les messages passent encore mieux, des soirées d’information sont organisées en ce moment dans chaque commune.
“L’idée est de démarrer le piégeage fin février, début mars afin de capturer les fondatrices, ce qui évite la nidification”, poursuit Sam Tayenne.
Le choix de la Province s’est porté sur le modèle de piège développé par le CRA-W (Centre wallon de recherches agronomiques). Ce piège a été validé scientifiquement en laboratoire et présente l’avantage d’avoir un très bon taux de sélectivité d’espèces (moins de 31 % d’espèces non-ciblés sont piégées). Il est aussi très facile d’utilisation et ne nécessite qu’un pot standard T082 (type pot de confiture ou de miel), en plus du couvercle sélectif fourni.
Il suffit de placer une éponge dans le pot, d’ajouter 100 ml d’attractif sucré (1/3 grenadine + 1/3 bière + 1/3 vin blanc), de visser le couvercle et poser le piège à l’horizontale, à l’abri de la pluie, de renouveler l’attractif tous les 3 jours, de retirer les pièges début juin et de les replacer mi-juillet uniquement en cas de prédation.
“L’idée est de le placer à proximité d’un point d’eau ou d’arbres fruitiers, à 1 m ou 1,5 m de hauteur. Il est aussi possible de libérer les espèces non ciblées en congelant le pot durant 30 minutes afin de faire le tri des insectes qui rentrent brièvement en léthargies”, ponctue Sam Tayenne qui précise que les cabinets provinciaux feront le bilan à la fin de l’année.