
À ce jour, plus de 5.000 hectares de terrains pourraient être urbanisés au Luxembourg, dont 3.750 seraient situés en zone habitable et pourraient accueillir 142.000 logements. De quoi loger 300.000 personnes. Ces chiffres sont issus d'une étude récemment présentée par les ministères du Logement et de l'Aménagement du territoire.
Les députés socialistes Mars di Bartolomeo et Yves Cruchten ont interrogé le ministre du Logement, Henri Kox, à ce propos. Dans sa réponse à cette question parlementaire, le ministre estime que 400 de ces 5.000 hectares seraient immédiatement mobilisables. Un chiffre qui porte sur l’ensemble des terrains disponibles, toutes zones confondues, dans le Plan d‘aménagement général (PAG). Mais en considérant uniquement les zones destinées à l'habitat, 265 hectares seraient immédiatement mobilisables.
Dans sa réponse, le ministre explique encore que 618 hectares de "Baulücken" ont été identifiées. Il s'agit de terrains pour lesquels une autorisation de construire pourraient être accordée immédiatement, sans autre procédure.
Sur ces 618 ha, 160 hectares pourraient rapidement faire l'objet d'un permis de construire étant donné que les propriétaires sont intéressés par un développement ou une vente, selon Henri Kox.
Les 3.750 hectares destinés à l'habitat sont uniquement situés dans des zones d'habitation et les zones mixtes, ils ne sont pas prévus pour des constructions publiques. Les terrains destinés aux infrastructures publiques sont situés dans les zones de bâtiments et d’équipements publics, qui comptent 325 hectares disponibles.
Pourquoi ces terrains à construire ne sont-ils pas immédiatement mobilisés? Le ministre répond que pour 85% de ces terrains, il n'existe aucun obstacle juridique ou physique, mais que les propriétaires physiques ne veulent ni vendre ni développer. Les raisons pour lesquelles de nombreux propriétaires privés ne souhaitent pas mobiliser leurs terrains seraient variées: garder ces terrains pour les enfants, la sécurité financière qu'ils représentent ou encore ces terrains sont considérés comme un investissement spéculatif.
Parmi les outils pour accélérer la mobilisation de ces terrains, le ministre du Logement cite le nouveau Pacte logement, la réforme de l'impôt foncier et le projet "Baulandvertrag".
L'étude dont il est question a analysé le potentiel foncier de 89 communes, à savoir celles qui ont déjà un nouveau PAG. Les autres auront droit à une analyse quand elles auront déposé leur PAG.