
"De nouveaux corps ont été retrouvés dans le sud. Le bilan humain passe désormais à 2.207 morts, 344 personnes disparues et 12.268 blessés", a indiqué le rapport de la protection civile publié dimanche suite au tremblement de terre meurtrier du 14 août.
Huit jours après la catastrophe, près de 600.000 personnes directement affectées par le tremblement de terre de ont besoin d'une assistance humanitaire d'urgence. Le gouvernement luxembourgeois a dépêché un expert du CGDIS sur place la semaine passée et la Croix-Rouge a eu toutes les difficultés pour envoyer deux tonnes de matériel et une équipe de six collaborateurs en Haïti, pays est en pleine crise politique.
Caritas Luxembourg apporte depuis vingt ans son aide en Haïti "mais ce n'est pas facile de parvenir là-bas", a confirmé ce lundi Marie-josée Jacobs, présidente de l'ONG au micro de RTL Radio. Mais "nous faisons de notre mieux pour aider les gens aujourd'hui et voyons comment on peut reconstruire pour qu'il puisse refaire leur vie, avoir des aides et tout simplement qu'ils puissent survivre".

"Ce que nous craignons le plus, c'est l'arrivée de la famine cet hiver. Nous voyons que les gens n'ont pas d'argent, qu'ils n'ont pas engrangé les récoltes habituelles, de sorte qu'il y a un grand danger de famine et, dans ces cas les gens essayent de fuir pour refaire leur vie ailleurs", explique l'ancienne ministre de la Famille.
Dans une île partiellement ravagée par la secousse de magnitude 7,2 et déjà lourdement impactée par un séisme en 2010 (plus de 200.000 morts) la reconstruction s'annonce comme un défi en cette période Covid. "Quand on sait que le bois manque chez nous pour pouvoir construire, vous pouvez vous imaginez que beaucoup de choses primaires font défaut pour reconstruire. Nous devons voir comment obtenir (ces matériaux de construction) avec l'aide d'autres pays", raconte Marie-Josée Jacobs.
Quant à l'Afghanistan, où la coopération luxembourgeoise maintiendra son engagement malgré la prise du pouvoir des talibans, Caritas craint une famine majeure. "C'est évident que les Afghans deviendront encore plus pauvres qu'ils ne l'étaient jusqu'ici et que l'alimentation de base manque, ne serait-ce que pour survivre", explique la présidente de Caritas. Avant d'ajouter: "Nous devons les aider et les soutenir pour qu'ils puissent survivre".
Aux talibans qui ont pris le pouvoir il y a huit jours, "nous ne faisons pas confiance", pose clairement Marie-Josée Jacobs qui "ne pense pas" pour autant que le travail des ONG sera entravés sur le terrain mais elle n'exclue pas que ce sera compliqué dorénavant de travailler là-bas.
Ce qui se passe actuellement en Afghanistan est certainement le plus grand échec de l'Occident: "Nous avons sans nul doute échoué", assure l'ancienne ministre CSV.
À ses yeux "nous devons repenser tous nos modèles, y compris de la coopération. Et davantage voir comment impliquer davantage les gens en tenant compte de leur mentalités au lieu de penser que nous pouvons transporter nos modèles en pensant que ça fonctionne automatiquement comme chez nous". L'approche doit fondamentalement changer.
Interrogée sur la disponibilité des Luxembourgeois à faire des dons chez Caritas, Marie-Josée rappelle que "nous avons vraiment eu énormément de dons" à destination du Luxembourg au début de la crise. Les gens se sont montrés particulièrement généreux après les inondations au Luxembourg.
En particulier, on aurait aidé à la reconstruction de maisons. Malgré l'appel à dons lancé pour venir en aide à l'Afghanistan "nous n'avons pas encore eu beaucoup de don pour le moment", reconnaît-elle avant de relancer son un appel au micro. Car "si nous le faisons pas, je crois que nous aurions encore plus échoué que nous ne l'avons fait sur le plan politique".