
La crise du coronavirus a semé la panique dans certains refuges, notamment en France, où plusieurs SPA ont constaté, dès l'aube du confinement, une recrudescence du nombre d'abandons. Nombreux sont les propriétaires à s'être débarrassés de leurs compagnons à quatre pattes, persuadés qu'ils représentent un risque potentiel de transmission du covid-19 pour l'humain. Pourtant, comme l'a martelé l'Agence nationale de sécurité sanitaire, chiens et chats ne propagent pas le virus.
L'absence de stérilisation en mars et avril est une autre explication de la hausse du nombre d'abandons, notamment de chats, de l'autre côté de la frontière: entre le 11 mai, date du déconfinement, et le 2 août, 9.947 animaux issus de l'abandon ont été recueillis dans les 62 refuges et Maisons SPA, en France.
A la Ligue nationale pour la protection des animaux (la Lëtzebuerger Déiereschutzliga), qui abrite l'asile national dans le quartier de Gasperich depuis 2012, les responsables en sont les premiers surpris: la crise du coronavirus n'a pas augmenté le nombre d'abandons des animaux de compagnie, notamment entre mi-mars et mi-mai.
"En dehors de cas de maltraitance, aucun chien ni aucun chat abandonnés ne nous ont été signalés durant cette période de deux mois, et nous n'avons reçu aucun appel de particulier désirant abandonner son animal" avance Liliane Ferron, vice-présidente de la Ligue. "Peut-être que, durant cette crise, chacun a eu plus de temps pour s'occuper de son petit compagnon..."

Nul doute que certaines boules de poils ont bénéficié, ainsi, d'un regain d'attention de leur maître. Si le refuge a été fermé au public durant deux mois, les animaux n'ont peut-être jamais vu autant les bénévoles. "On a pris toutes les précautions nécessaires pour se protéger les uns des autres, mais on a bien sûr continué de s'occuper de nos animaux et de les promener, en plus de prendre les appels."
Certains appels ont eu de quoi décontenancer la vice-présidente de la Ligue, d'ailleurs. "On a eu un monsieur qui nous a expliqué qu'il aimerait adopter un chien pour que son fils passe moins de temps devant les écrans, durant le confinement. Quand on lui a demandé ce qu'il comptait faire de l'animal une fois qu'il aurait repris son activité professionnelle, et que son fils aura repris le chemin de l'école, il nous a répondu: "Oh, je ne sais pas, on verra. Au pire, je vous le redonne!"
La période estivale est malheureusement propice aux abandons. En juillet - août, Liliane Ferron reconnaît que le téléphone sonne un peu plus, "et ce n'est pas lié au coronavirus". Plutôt aux vacances, quand certains propriétaires ne savent pas quoi faire de leur animal...
A l'en croire, l'image du chien abandonné au pied d'un arbre est néanmoins dépassé, tout du moins au Luxembourg où une identification électronique est obligatoire. "On retrouve facilement les propriétaires." En 2016, l'asile national a hébergé 1.016 animaux, soit 543 chiens et 473 chats. "Ces chiffres se stabilisent depuis" précise Liliane Ferron. Ils baissent même puisqu'en 2019, 842 animaux ont été hébergés, soit 438 chiens et 404 chats. Le Grand-Duché compte plusieurs refuges, mais aucune statistique n'est établie sur le plan national.
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