
L’Etat luxembourgeois aurait clairement enfreint la loi dans l‘organisation du Large Scale Testing, lancé au printemps 2020. C‘est ce qu’affirme le laboratoire privé luxembourgeois BioneXt LAB, qui intente une action en justice. L’Etat aurait dû lancer un appel d’offres transparent et équitable et n’aurait pas dû simplement choisir une entreprise, qui organise seule une campagne de tests à grande échelle, argumente le laboratoire.
Le problème ne serait pas le Large Scale Testing en soi, mais la manière dont il aurait été organisé. A savoir, l’Etat en confiant directement la charge aux Laboratoires Réunis, sans appel d’offres public préalable.
Cela aurait créé une concurrence déloyale sur le marché, selon le directeur de BioneXt LAB, le docteur Jean-Luc Dourson: "Apportant des avantages économiques gigantesques à un seul acteur parmi tous les autres qui ne peuvent pas en bénéficier. BioneXt LAB dénonce aussi le fait que les tests gratuits ont été organisés dans le cadre du Large Scale Testing avec un seul acteur, qui plus est empêchant la population d'avoir son libre choix."
Chez BioneXt, on voit par exemple un indice que dès le début, les Laboratoires réunis devaient obtenir la commande du Large Scale Testing, dans le fait qu’Ecolog (un sous-traitant des Laboratoires réunis) a commencé à recruter massivement du personnel dès fin mars 2020. A l’époque, la campagne de tests à grandes échelle n’avait pas encore été annoncée publiquement ni soumise à d’autres entreprises.
Et même dans la deuxième phase du Large Scale Testing, le jeu n’aurait pas été équitable, selon le docteur Dourson, même si ici, un appel d’offres avait été formellement lancé. "Un pseudo-appel d'offres pour la phase 2, pourquoi?", demande le docteur Dourson. "Parce qu'en fait, quand on lit l'appel d'offres, il faut, en à peine 15 jours, organiser 17 stations de tests, faire du recrutement d'infirmières pour ces stations de tests, organiser la technique de pooling utilisée pour le Large Scale Testing et en plus utiliser un réactif précis qui est indiqué dans l'appel d'offres de la société Fast Track Diagnostics, ancienne société des Laboratoires réunis."
Une seule société aurait effectivement pu répondre à cet appel d’offres, celle qui avait déjà organisé la première phase.
C’est pourquoi BioneXt a lancé fin août une procédure devant le tribunal d’arrondissement de Luxembourg. Le laboratoire réclame en outre à l’Etat des dommages et intérêts pour le préjudice subi par l’entreprise à cause de la faute de l’Etat. Dans le même temps, BioneXt va encore plus loin. Le laboratoire veut en effet ce mois-ci encore, déposer une plainte contre l’Etat luxembourgeois auprès de la Cour européenne.
Du fait qu’aucun appel d’offres n’a été lancé pour le Large Scale Testing, il ne serait pas certain qu’aucune autre entreprise n’aurait pu fournir le même service pour un prix inférieur. Dans ce cas, l’argent payé en sus, constituerait une aide publique illégale aux Laboratoires réunis.
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