
Défendre les droits sexuels et reproductifs et rendre accessibles les services médicaux dans le domaine de la santé sexuelle, telles sont les missions du Planning familial depuis 60 ans. Une organisation accessible à tous, comme l’indique Ainhoa Achutegui, présidente de son conseil d’administration: “Nous sommes également extrêmement inclusifs dans notre orientation. Tout le monde est le bienvenu, tout le monde peut venir avec ses questions, c’est très important. Toutes les questions sont ok, nous n’avons aucun tabou, tout peut être demandé, tous les thèmes peuvent être abordés, tout a sa place. C’est ce pour quoi nous nous engageons.”
Lorsque l’organisation a été lancée en 1965, il a fallu très tôt s’imposer face à des courants sociaux conservateurs au Luxembourg. C’est le mérite de la fondation du Planning familial que de grandes réformes socio-politiques telles que la libéralisation de l’avortement, existent aujourd’hui.
Les développements politiques actuels montrent cependant que cette lutte n’est pas encore terminée. C’est pourquoi le droit à l’avortement, par exemple, doit être ancré dans la Constitution, selon Fatima Rougi du Planning Familial.

“Nous, on est un peu dans cette optique de ‘mieux vaut prévenir que guérir’. Et la Constitution c’est la norme suprême: ce qu’une simple loi peut donner, une simple loi peut le retirer. C’est ce qui arrive dans de nombreux pays. Et donc on ne veut pas que ça arrive au Luxembourg.”
Une autre revendication porte sur l’élargissement de l’accès gratuit aux moyens contraceptifs et aux articles d’hygiène pendant les menstruations. Il faut aussi informer davantage, et c’est pour cette raison que, dans le cadre de ce 60ème anniversaire, de nombreux événements ont été organisés pour ces prochains mois afin d’échanger sur des sujets d’actualité, précise Céline Gérard, directrice du Planning familial.
“Et là nous avons simplement pensé: ok, quels sont les principaux thèmes auxquels la population s’intéresse actuellement, afin de continuer à sensibiliser et à informer, car c’est notre mission depuis 60 ans.”
Cette sensibilisation reste importante, surtout pour faire connaître des maladies qui touchent surtout les femmes et sur lesquelles on ne sait pas encore grand-chose, comme l’endométriose. Par conséquent, on a besoin d’une sensibilisation féministe, qui implique femmes et hommes, car, selon Ainhoa Achutegui, “le féminisme n’est pas le contraire du masculinisme. Le féminisme, c’est l’égalité, le féminisme, c’est penser et savoir qu’en tant qu’êtres humains, nous sommes tous égaux et avons des droits égaux et que nous devons lutter ensemble pour cela.”
C’est précisément pour faire comprendre cette égalité des droits que le Planning familial s’engagera encore à l’avenir.
Dans le cadre de son 60ème anniversaire, le Planning familial a organisé des tables rondes et des conférences d’avril à novembre. L’intégralité du programme est disponible sur planning.lu