LuxembourgAvec le virus, les kinés ne savent plus où donner de la tête

Gaël Arellano
Témoignage d'un kinésithérapeute-ostéopathe qui demande à ce que des mesures soient prises pour éviter de nouvelles infections.
Image d'illustration
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© Unsplash/Jesper Aggergaard

Jörg Theis, kinésithérapeute et ostéopathe installé au Luxembourg, nous a contacté mercredi pour nous faire part de la situation à laquelle lui et ses confrères se confrontent depuis la semaine dernière.

Assimilés au secteur de la santé, "à juste titre" rappelle M. Theis, les kinésithérapeutes doivent, d'après les dernières mesures annoncées, continuer à exercer.

En effet, lorsqu'on se réfère aux derniers communiqués du gouvernement, "le secteur de la santé avec les activités hospitalières et les laboratoires d’analyses médicales" sont considérées comme des activités essentielles qui doivent donc être maintenues.

Cependant, pour Jörg Theis il faut savoir faire la part des choses. "Il faut considérer la largeur de notre domaine d'application. Quand on travaille dans le milieu hospitalier ou au Rehazenter, il faut évidemment continuer à exercer. Par contre, quand il s'agit des cabinets de kinésithérapies ou d’ostéopathie..."

Il continue: "Nous sommes en contact prolongé avec de nombreux patients. On les traite, on entre en contact physique avec eux et ce, souvent pendant plus de 15 minutes. Il suffit qu'un patient ou un kiné soit infecté pour que le virus se propage."

C'est pourquoi, à ses yeux, quand le traitement n'est pas impératif, il faut que les kinésithérapeutes soient autorisés à annuler des rendez-vous ou même à fermer leurs portes.

"DES CONSIGNES CLAIRES"

D'après Jörg, certains de ses confrères ont d'ores et déjà décidé de fermer boutique mais lui continue à traiter les cas urgents.

Il s'explique : "Quand un patient souffre de douleurs aiguës (lombalgies, lumbago, torticolis) ou qu'il sort d'une opération, qu'il est chez lui et qu'il nécessite une rééducation, on ne peut pas les laisser livrés à eux-mêmes." 

Et c'est précisément parce que ce genre d'exceptions existe que le kinésithérapeute demande "des consignes claires" au gouvernement luxembourgeois.

Jörg Theis assure avoir contacté le ministère de la Santé et la CNS pour savoir quelle était la démarche à suivre. Il a également demandé à ce qu'on lui fournisse, à lui et ses employés, des masques et des gants afin de pouvoir continuer à traiter les patients urgents sans risques mais il n'a, à ce stade, pas eu de retour de la part des autorités sanitaires...

Les kinésithérapeutes font malheureusement partie d'une longue liste de professions qui se trouvent actuellement dans une situation délicate puisqu'ils ne peuvent pas télétravailler et ne peuvent pas non plus décider d'arrêter leurs activités sous peine de ne pas se voir compensés ou remboursés. Et c'est évidemment au gouvernement d'adresser cette problématique. Affaire à suivre.

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