Le commissaire européen à la Défense et à l’Espace, Andrius Kubilius, était en visite de travail au Luxembourg. Il a participé à une conférence GovSat, mais il a également effectué une visite chez SES, et plusieurs entretiens politiques figuraient aussi à son programme.
Après sa rencontre avec la ministre de la Défense, Yuriko Backes, une conférence de presse a eu lieu. L’ambiance y était harmonieuse, mais les interviews qui ont suivi, ont clairement montré qu’ils n’étaient pas totalement d’accord sur tous les points.
Sans se positionner clairement, le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, s’est lui aussi exprimé sur le débat concernant la question de savoir si les hommes ukrainiens devaient chercher protection au Luxembourg ou dans l’UE, au lieu de combattre dans leur pays.
“La meilleure réponse serait la paix en Ukraine. Alors toutes les Ukrainiennes et tous les Ukrainiens reviendraient pour reconstruire leur pays. Pour la paix, nous devons soutenir suffisamment les Ukrainiens, et nous faisons déjà beaucoup. Mais ce n’est pas aux Ukrainiens de nous remercier, c’est à nous de les remercier, car ils nous défendent aussi comme des héros. Mais quatre années de guerre ont de lourdes conséquences sociales. “
Il ne peut en vouloir à personne de quitter le pays. D’abord le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, mais aussi la ministre de la Défense, Yuriko Backes et, de manière plus nuancée, le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, avaient laissé entendre qu’ils estiment que les jeunes hommes ukrainiens devraient en fait aider en Ukraine.
La ministre Yuriko Backes ne considère toutefois pas les propos du commissaire comme une critique.
“Il y a la guerre, et il est tout à fait compréhensible que certaines personnes veuillent défendre leur pays. Moi aussi, je le ferais pour mon pays. Mais il est tout aussi compréhensible que certains ne veuillent pas rester là‑bas. Au début, il s’agissait principalement de femmes et d’enfants, que nous avons accueillis ici au Luxembourg à bras ouverts. Maintenant, c’est l’hiver, et un hiver extrêmement froid en Ukraine. Je considère comme absolument humain que des personnes veuillent quitter leur pays.”
Des réserves donc de la ministre de la Défense sur ce sujet. Elle a été plus claire concernant la question d’une armée européenne, un projet que le commissaire européen souhaite désormais pousser explicitement afin de combler le vide potentiel en matière de sécurité en Europe que les États‑Unis risquent de laisser sous Trump. Pour Yuriko Backes, une armée européenne n’est actuellement pas une priorité pour les ministres européens de la Défense.
“Parce que, pour l’instant, nous travaillons sur tout à fait autre chose que sur une armée européenne. Personnellement, je pense que c’est une idée qu’il ne faut pas perdre de vue. Ce n’est d’ailleurs pas une idée totalement nouvelle. A petite échelle, nous travaillons déjà à mieux nous coordonner. Pour les armées, nous sommes clairement dans des compétences nationales. Mais nous cherchons à mieux coopérer, que ce soit via les groupes de combat européens ou au niveau binational, où nous, Luxembourgeois, sommes justement en train de mettre en place un bataillon de combat binational avec la Belgique. Tout cela constitue en quelque sorte une petite version d’une armée européenne. Mais nous sommes encore très loin d’une véritable armée européenne.”
Actuellement, nous ne travaillons pas intensivement à un tel projet, a indiqué Yuriko Backes. En revanche, le projet de défense européenne avance à d’autres niveaux. " Une industrie européenne intégrée est quelque chose que la Commission européenne soutient également par des programmes. Je pense que cela intéressera aussi les entreprises luxembourgeoises.”
Le Luxembourg est un petit pays, mais un grand acteur dans le domaine spatial, a souligné Yuriko Backes. Et en effet, le commissaire européen a largement salué la contribution du Luxembourg en matière de défense, principalement dans le domaine des satellites. Luxeosys et GovSat‑2 sont des projets importants et essentiels. Et SES, qu’il a également visitée, fait un excellent travail, selon Andrius Kubilius, qui, au passage, est originaire de Lituanie.