
Une réforme des heures d'ouverture des commerces entre en vigueur ce vedredi 19 juin, six mois après le vote de la loi, fin décembre 2025. Cette dernière permet non seulement aux commerces d'ouvrir plus tôt le matin et plus tard le soir en semaine, mais aussi d'ouvrir les dimanches après-midis jusque 19h. En semaine, les magasins pourront donc ouvrir jusqu’à 21h le soir, s'ils le souhaitent.
"Je ne pense pas que le commerce utilisera tous ces nouveaux horaires dès demain. Je crois qu’il s’agit surtout de donner à tous les commerces la possibilité d’ouvrir quand les clients sont là. Le grand changement concerne surtout le dimanche : auparavant, il fallait faire une demande, alors qu’aujourd’hui, un cadre est en place qui permet aux commerces qui le souhaitent d’ouvrir", a déclaré jeudi sur RTL Carole Muller. La directrice des boulangeries Fischer est également présidente de la Luxembourg Confederation. Elle a d'ailleurs été reconduite à ce poste mercredi.
La nouvelle loi a en effet mis en place un cadre "qui permet aux commerces, via une convention collective, de rester ouverts jusqu’à une heure du matin, pour tous les commerces. Et pour les commerces de première nécessité, ils peuvent même ouvrir 24 heures sur 24, à condition qu’un accord soit trouvé dans le cadre d’une convention collective", a précisé Carole Muller.
Selon elle, la situation va évoluer progressivement, chaque commerce adaptant ses horaires aux besoins de sa clientèle. " Je ne vois pas un magasin de vêtements ouvrir demain à cinq heures du matin."
Pour les stations-service, cette nouvelle loi s'applique aussi et elle ne leur apporte pas vraiment d’avantages. Alors que jusqu'ici certaines étaient ouvertes plus tard le soir le week-end, elles sont désormais aussi soumises aux nouveaux horaires, sauf si elles disposent d’une convention collective ou font partie des exceptions. Certaines ont profité des derniers mois pour négocier des conventions collectives afin de leur permettre, par exemple, de continuer d’ouvrir plus tard que 19h le week-end. "Aujourd’hui, la station-service est devenue en quelque sorte l’épicerie du village, avec la possibilité d’y aller même tard le soir pour faire des achats ", a souligné Carole Muller. Par ailleurs, 35 stations-service situées sur les autoroutes ou les routes nationales disposent d'une dérogation et peuvent automatiquement rester ouvertes plus longtemps.
La nouvelle loi réglemente aussi plus clairement la situation du dimanche. Les commerces pourront désormais ouvrir sans dérogation. Cette simplification administrative est importante. Le dimanche est un jour très important dans de nombreux endroits, mais pas partout. "Le commerce dominical est effectivement important dans les villes, en partie aussi dans les régions frontalières, et dans les zones touristiques, mais dans ces dernières pas toute l’année", a indiqué la présidente de Luxembourg Confederation, soulignant surtout l'importance de ne plus être dépendant d'une demande, d'une commune ou d'un secteur d'activités pour pouvoir ouvrir le dimanche.
En ce qui concerne l’accord tripartite, que Carole Muller a aussi contribué à négocier, il est positif pour freiner l’inflation. Il est favorable aux entreprises, mais aussi aux ménages, dont le pouvoir d’achat est ainsi mieux préservé, estime-t-elle. Il était "important que les trois parties se soient à nouveau réunies autour d’une même table pour discuter dans une ambiance de travail plus positive".
Des discussions doivent maintenant reprendre au sein du Comité permanent du travail et de l'emploi (CPTE), le comité où sont négociées les questions liées au travail. L’organisation du temps de travail y constitue un dossier très important. En effet, "les lois actuelles sont assez anciennes", et certaines demandes des salariés ne peuvent pas être satisfaites car elles ne sont pas autorisées. Il faudra donc négocier ensemble de nouvelles règles.