
Le 14 juin dernier, deux commissions du Parlement européen se sont prononcées contre le projet de Bruxelles d'inclure le gaz et le nucléaire parmi les énergies "vertes" de l'UE, ouvrant la voie à un vote de l'ensemble des eurodéputés susceptible de bloquer ce texte controversé.
La Commission européenne avait présenté en décembre un projet de labellisation verte ("taxonomie") pour les centrales nucléaires et à gaz, qui vise à faciliter le financement d'installations contribuant à lutter contre le changement climatique -au grand dam de plusieurs Etats membres et d'ONG écologiques.
Parmi elles, Youth for Climate a manifesté ce samedi midi, place Clairefontaine à Luxembourg, pour dénoncer "un greenwashing" et un “lobbying effectif, soutenu par un alliance des pays pro-gas et pro-nucléaire". "Il est évident que considérer ces énergies comme “vertes”, même de façon transitoire dans le cas du gaz, ne peut mener à une décarbonisation efficace des flux financiers." Au contraire, encourager des investissements en faveur de l’énergie gazeuse, considérée comme “la source d’émissions énergétiques la plus importante au niveau de l’UE”, ne fera “qu’entraver une transition qui pourrait atteindre les objectifs climatiques de l’UE et des Accords de Paris pour l’an 2030”.
En réaction, les activistes de Youth for Climate se sont costumés" afin d’incarner les officiels refusant de reconnaître la nature actuelle de la Taxonomie: celle d’un outil de greenwashing explicite".
Rappelons que ce texte sera considéré définitivement adopté le mois prochain, à moins que le Parlement européen (à la majorité absolue, soit 353 députés) ou les Etats membres (à une majorité qualifiée, soit au moins 15 Etats représentant 65% de la population de l'UE) n'opposent leur veto d'ici au 11 juillet, auquel cas Bruxelles devra modifier ou retirer sa proposition.
Du côté du Conseil européen, près d'une dizaine d'Etats (Allemagne, Espagne, Suède, Autriche, Danemark, Luxembourg, Portugal, Malte...) s'opposent à l'inclusion du nucléaire, certains autres (Pays-Bas...) refusent d'y intégrer le gaz.