
En raison de la situation tendue sur le marché du logement, il y a des femmes qui, après un certain temps passé dans un refuge, retournent dans une relation violente, explique Andrée Birnbaum.
La directrice générale de l'ASBL "Femmes en détresse" était l'invitée de RTL mercredi matin. L'association dispose de "deux refuges pour femmes, prévus avant tout pour des situations d'urgence, quand des femmes sont dans l'absolue nécessité de quitter leur domicile." Le problème est qu'il n'y aurait pas d'autres logements ensuite sur le marché. "Ce qui fait que le roulement qu'il faudrait normalement, est bloqué", car les femmes qui sont hébergées dans les structures d'urgence, n'en sortent pas, parce qu'elles ne trouvent pas de logement.
Les listes d'attente sont longues: "60 femmes et 76 enfants attendent d'être hébergés dans des refuges pour femmes. Quatre de ces femmes sont en plus enceintes." Ce qui amènerait évidemment certaines femmes à retourner dans une situation de logement qu'elles auraient voulu quitter, parce qu'elles n'ont pas le choix, déplore Andrée Birnbaum.
Il faut ajouter à cela que "de plus en plus de personnes, qui ne relèvent en fait pas du groupe cible de l'association, s'adressent à elle." Par exemple, des familles entières qui ont des difficultés à trouver un logement. Ou bien des gens venus de l'étranger qui ont une promesse d'embauche, mais qui ne peuvent pas s'implanter dans le pays, soit parce qu'ils n'obtiennent finalement pas l'emploi, soit parce que personne ne les rappelle, soit parce qu'ils ne trouvent pas de logement et se sentent abandonnés. Mais l'ASBL Femmes en détresse ne serait pas compétente pour de tels cas et elle ne disposerait pas non plus des moyens nécessaires. Andrée Birnbaum a par conséquent lancé un "appel aux Offices sociaux à différencier davantage les personnes qu'ils ont à traiter avant de les diriger vers l'association Femmes en détresse."
Pour Andrée Birnbaum, le logement serait actuellement le problème essentiel. Il aggraverait énormément la situation des femmes et des enfants qui ont déjà des difficultés. L'association Femmes en détresse a différentes possibilités pour héberger des victimes, par exemple des logements de la Gestion locative sociale. Mais il n'y aurait pas suffisamment de personnel pour gérer ces logements ni pour encadrer ceux qui y habitent. 80 suivis sont actuellement réalisés, avec pour chacun d'eux deux heures et demie par semaine.
La première revendication de l'ASBL Femmes en détresse est que le problème du logement soit abordé de manière interministérielle et pas que chaque ministère "mijote sa propre petite popote".