
La menace planait, telle une épée de Damoclès au-dessus de la tête des frontaliers, et voilà qu’elle serait tombée: à partir du 1er janvier 2020, les TER français qui ne seront pas équipés du nouveau système ERTMS pourraient ne plus circuler au Luxembourg.
Si la mesure est connue depuis longtemps, les CFL ont confirmé à nos confrères du Républicain Lorrain qu’ils allaient refuser la demande de dérogation de la région Grand Est, dont une partie des trains SNCF seulement sera équipée avant la nouvelle année.
Du côté de la région, le président Jean Rottner a assuré à RTL 5minutes avoir “vraiment mis les bouchées doubles” pour réduire au maximum le délai d’installation de l’ERTMS. “On ne peut pas faire plus, on est au maximum” regrette-t-il, rappelant les investissements consentis et le manque d’anticipation de ses prédécesseurs. Il reste au Grand Est et à la SNCF à échanger à nouveau avec leurs homologues luxembourgeois, qui n’ont pas communiqué avec eux sur ce refus de dérogation. La SNCF confirme “ne pas avoir été informée”, pas plus que le président Rottner.
Si le calendrier s’emballe, c’est à cause de l’accident ferroviaire de Dudelange: un mort et un blessé grave en février 2017 à cause d’une défaillance de l’actuel système de sécurité. En réaction, le Grand-Duché avait alors modifié ses plans et réduit la durée d’autorisation de circulation, qui devait initialement s’étendre jusqu’en 2021.
Deux rames sont aujourd’hui équipées. Et d’ici début 2020, la SNCF Grand Est aura terminé l’installation sur 12 de ses 25 machines. Les autres arriveront au compte-goutte jusqu’en juin 2020. Ce qui présage une forte diminution du nombre de places disponibles entre Nancy-Metz-Thionville et le Luxembourg.
Pour les frontaliers, plus de 12.000 à emprunter le train chaque jour, c’est l’assurance d’avoir des rames encore plus bondés en heures de pointe ou de devoir miser quelques mois sur la voiture.
Vendredi dernier, François Bausch, ministre luxembourgeois de la Mobilité, a annoncé que les trains des CFL pourraient se rendre jusqu’à Thionville. Les usagers auraient alors un changement à faire pour poursuivre leur route. “Ce sont des difficultés supplémentaires” concède Jean Rottner, “mais on ne peut pas déroger sur la sécurité”. L’élu lance encore un avertissement aux entreprises ferroviaires: “Je ne supporterai pas de voir des mesures contraignantes sur le trafic voyageurs et pas sur le fret.”