Intrusion à CattenomLes militants de Greenpeace n'iront pas en prison

Raphaël Ferber
La cour d'appel de Metz a condamné les militants de Greenpeace à des jours-amendes, ce mercredi. Certains avaient écopé de peines de prison en première instance.
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C’est un soulagement pour Greenpeace: ce mercredi, la cour d’appel de Metz a allégé les sanctions prononcées en première instance à l’égard des militants, qui s’étaient introduits sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom pour y déclencher un feu d’artifice, le 12 octobre 2017, afin de “dénoncer des failles de sécurité”.

Ainsi, les huit activistes et le salarié de Greenpeace ont été condamnés à des jours-amendes, rapporte le Républicain Lorrain. Une peine moins lourde que celle prononcée en première instance: début 2018, le tribunal correctionnel de Thionville avait en effet prononcé deux mois de prison ferme à l’égard de deux militants et cinq mois avec sursis pour les six autres prévenus.

L’organisation a, elle, été condamnée à 25.000€ d’amende, soit 5.000€ de plus qu’en première instance.

Une victoire pour Greenpeace, qui voit dans cette décision la reconnaissance implicite du “bien-fondé de nos motivations et la réalité du danger nucléaire.”

UNE ACTION “NÉCESSAIRE” MARTÈLE GREENPEACE

“En écartant les peines d’emprisonnement, les juges montrent qu’ils ont été sensibles à nos arguments et à la vague de soutien qui a accompagné ce procès. Nous regrettons néanmoins que nos militant·es, qui ont agi dans l’intérêt général pour dénoncer les risques liés aux défaillances des centrales nucléaires françaises, n’aient pas été purement et simplement relaxés” a réagi Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire Luxembourg et France.

L’organisation dénonce néanmoins “le fait qu’un de ses salariés soit condamné personnellement pour complicité sur la base d’un dossier vide à son encontre. Il s’agit là d’une atteinte grave à notre liberté d’expression. Nous examinons les possibilités de former un pourvoi en cassation.”

L’action “de désobéissance civile” menée le 12 octobre 2017 au matin était “nécessaire” martèle Greenpeace. “Tant qu’EDF et l’Etat n’auront pas pris les mesures qui s’imposent pour assurer notre sécurité, nous continuerons à jouer notre rôle de lanceur d’alerte.”

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