
Si vous avez déjà acheté ou vendu un véhicule d’occasion en France, il existe un outil qui doit forcément vous parler: la cote Argus.
Avec cet outil, il suffit de renseigner des paramètres comme la marque et le modèle, l’année de production, le kilométrage, pour obtenir une estimation de la valeur de revente du véhicule.
C’est souvent bien utile lorsqu’on tombe sur un vendeur ou un acheteur un peu trop gourmand: la cote argus est un instrument imparable pour le faire revenir sur Terre.
Sauf que depuis la crise de 2020, les experts de l’Argus ont de quoi s’arracher les cheveux! Comme l’explique l’Argus dans un communiqué, “depuis 2 ans, le marché automobile est confronté à une situation exceptionnelle : production limitée de véhicules neufs, baisse des transactions des véhicules d’occasion ainsi qu’une forte hausse des prix de ces derniers.”
La situation était tellement exceptionnelle qu’en mai 2020, lors de la crise du covid et pour la première fois depuis 1940, “l’initiative a été prise de suspendre la Cote Argus pour accompagner un marché mis en pause.”
En effet, la cote Argus se différencie de ses concurrentes car elle est basée sur une décote de la valeur neuve d’un véhicule et n’est pas influencée par les changements ponctuels du marché automobile.
Mais lorsque le marché s’emballe comme lors des dernières années, le décalage avec l’Argus se creuse: “Les prix de vente des voitures d’occasion ont augmenté d’environ 30 % en deux ans. Ce n’était jamais arrivé sur un laps de temps aussi court. La Cote Argus historique, qui existe depuis les années 1930, est une cote de dépréciation qui part du prix de vente d’un véhicule neuf et sert de référence pour la reprise des voitures par un professionnel. Il y a plusieurs courbes de cote et les dépréciations qui sont réalisées n’étaient pas reliées au marché, mais seulement à la dépréciation absolue d’une voiture. Comme nous avons constaté un écart qui devenait beaucoup trop fort entre les prix de vente des voitures d’occasion - ce qu’on appelle la valeur de marché ou la valeur annonces - et nos cotes qui sont forcément plus basses, nous avons rectifié nos courbes de dépréciation pour s’assurer qu’elles collent plus au marché” explique un responsable de l’Argus.
Autrement dit, même si l’Argus estimait qu’une voiture valait légitimement 20.000 euros sur le marché de l’occasion, les acheteurs étaient tellement nombreux à se bousculer que le vendeur pouvait aisément la vendre 23.000, 25.000 euros, ou plus encore.
Bref, “un ajustement exceptionnel à la hausse de la Cote Argus a été réalisé”, et les acheteurs et les vendeurs peuvent désormais avoir des estimations plus réalistes de la valeur de leur véhicule!