
Le retour des beaux jours réveille la nature et met en garde sur des phénomènes saisonniers potentiellement sources de désagréments. L’émergence du frelon asiatique, le retour des chenilles processionnaires et les morsures de tiques peuvent faire partie de ces petites contrariétés du quotidien.
Les “attaques” de ces acariens n’épargnent pas la province de Luxembourg. Les dernières statistiques remontent à l’année 2025, mais elles montrent que la province voisine est un terrain très fertile de démangeaisons. En moyenne, pour 100.000 habitants, on a dénombré 323 morsures, soit près de trois fois plus que dans le Limbourg et dans le Brabant wallon par exemple.
Les statistiques, qui concernent uniquement les humains et pas les animaux, alertent aussi sur la croissance de ce phénomène alors qu’il semblait en stagnation, voire en régression jusqu’en 2024. Une tendance que la plateforme TiquesNet (Homepage | Tiquesnet) permet de mesurer. En 2025, 9.216 morsures ont été signalées. Un chiffre supérieur à la moyenne des trois années précédentes (en moyenne 5.969 par an entre 2022 et 2024), mais reste comparable aux années antérieures.

Comme les années précédentes, la plupart des morsures ont été déclarées au cours de la période allant de mars à octobre, avec un pic en juin nous apprend encore l’institut de santé Sciensano. Après un début de saison plutôt lent, une très forte augmentation du nombre de morsures a été signalée à partir du week-end de l’Ascension (fin mai). Elle s’est poursuivie jusqu’à mi-juin. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer ce phénomène: les conditions météorologiques, qui influencent la présence et l’activité des tiques dans la nature et/ou le comportement humain.
En 2025, la période de mars à avril a été sèche. Les tiques sont sensibles à la sécheresse. Elles se cachent plus près du sol, où l’humidité est plus importante (par exemple sous les feuilles) pendant les périodes sèches et chaudes, pour limiter le risque de déshydratation. Ceci les rend moins actives dans leur recherche d’un hôte, et réduit donc l’exposition des personnes lorsqu’elles se trouvent dans la nature. La forte augmentation du nombre de morsures de tiques signalées fin mai-début juin a commencé dans les jours qui ont suivi le retour des pluies.
Les circonstances dans lesquelles les personnes ont été mordues par des tiques sont aussi connues. Elle ont été contractées à moins de 5 km du domicile, lors d’activités de loisirs, ainsi que dans le jardin et en forêt.
De façon générale, une morsure de tique est inoffensive et ne provoque qu’une réaction locale temporaire (rougeur et démangeaisons). Mais dans certains cas, la tique peut être porteuse de pathogènes (virus et bactéries) qui peuvent être transmis à l’homme par la salive au moment de la morsure.
Chez l’homme, la maladie transmise par une morsure de tique la plus fréquente est la maladie de Lyme (également appelée borréliose de Lyme), qui se manifeste majoritairement par l’apparition d’une tache rouge grandissante à l’endroit de la morsure, appelée «érythème migrant» (EM), rapportent les conclusions de cette étude menée par Laurence Geebelen et Tinne Lernout, chercheuses chez Sciensano.