
Dix-sept grands tétras, plus gros oiseau sauvage d'Europe, ont été réintroduits dans le Massif des Vosges au printemps, a annoncé jeudi le Parc naturel régional, nouvelle étape d'un programme délicat contesté par des associations environnementales.
Il s'agit de la troisième "translocation" depuis le lancement il y a deux ans de ce programme visant à renforcer la population du grand gallinacé, appelé aussi coq de Bruyère, emblématique des Vosges d'où il a quasiment disparu.
Jusqu'ici, il a été marqué par un taux élevé de mortalité des animaux réintroduits, notamment en raison de la prédation de la martre des pins.
Dix-sept spécimens capturés en Norvège, treize coqs et quatre poules, ont été relâchés entre le 13 avril et le 8 mai, précise le Parc naturel régional des Ballons des Vosges dans un communiqué reçu jeudi.
Ces derniers, équipés comme les précédents de balises GPS, ont rejoint les "trois à cinq individus présents", ajoute-t-il, soit un à deux individus originaires de Norvège ayant survécu et deux à trois autochtones. Le suivi GPS va permettre d’évaluer trois critères retenus par le programme: les déplacements, la reproduction et la survie. La translocation est organisée par le parc en lien avec l'État et les autorités norvégiennes.
Comme les deux années précédentes, "les individus introduits se sont rapidement adaptés à leur nouvel environnement", souligne le parc. "Le risque de prédation reste un facteur qui semble déterminant suite aux enseignements des deux premières années", ajoute-t-il.
En 2024 puis 2025, plusieurs associations environnementales ont déposé des recours devant la justice administrative pour contester les arrêtés autorisant la réintroduction. Jusqu'ici, la justice a donné raison à l'Etat, validant les arrêtés.
Outre l'arrêt du programme, elles demandent "la reconnaissance d'un préjudice écologique lié au décès des oiseaux capturés" en Norvège puis relâchés. Quatre coqs sont morts lors de la récente capture, selon le parc.
Les associations critiquent aussi les pouvoirs publics, qui envoient, selon elles, les oiseaux "dans un territoire qui n'a pas retrouvé les conditions de son accueil".