
Grosse émettrice de CO2, la centrale à charbon Émile Huchet de Saint-Avold, une des dernières de France, devait fermer ses portes définitivement fin mars 2022. Mais la centrale a finalement redémarré fin novembre.
Le gouvernement Macron en a décidé autrement au cours de l’été pour sécuriser l’approvisionnement du pays en électricité, vu le conflit en Ukraine et les déboires rencontrés par le parc nucléaire d’EDF. La centrale de Cattenom était à l’arrêt complet début juillet, du jamais vu depuis sa mise en service en 1986.
Lorsqu’elle tourne à pleine capacité, la centrale Emile-Huchet peut produire jusqu’à 600 mégawatts-heures, de quoi alimenter un tiers des foyers de la région Grand Est. Prolongée cet hiver, son exploitation pourrait être prolongée l’hiver prochain. En visite en Moselle, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, n’a pas exclu ce scénario.
“Il est trop tôt pour dire ce que nous aurons à faire en 2023-2024”, a expliqué la ministre au micro de France Bleu Lorraine ce jeudi. La ministre de la Transition énergétique attend “d’avoir les scénarios de notre expert énergétique et électrique RTE pour tracer la situation de disponibilité des réacteurs nucléaires et la situation de tension sur le marché international en matière de production d’électricité de nos voisins, en particulier de l’Allemagne, pour prendre une décision éventuelle de prolongation d’un an”, a-t-elle confié à nos confrères de France Bleu.

Sur cet éventuel prolongement, GazelEnergie, l’entreprise propriétaire de l’installation, avait déjà appelé le gouvernement fin novembre à rendre une décision le plus rapidement possible. Car pour faire fonctionner, l’opérateur avait réembauché de façon inattendue ses salariés cet hiver.
“Hors de question pour nous de renvoyer au mois d’avril nos salariés à la maison sans visibilité”, avait insisté Camille Jaffrelo, porte-parole de GazelEnergie. “Ce n’est pas possible humainement, on ne peut pas jouer au yoyo avec 150 personnes”, avait-elle dit, demandant au gouvernement de se prononcer “avant avril pour que cette centrale puisse fonctionner” éventuellement l’an prochain.
L’engagement d’Emmanuel Macron de fermer l’ensemble des centrales à charbon en France demeure et “nous serons sortis des centrales à charbon avant la fin de la décennie”, a assuré Agnès Pannier-Runacher, ce matin.
Ce jeudi, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher est à Metz où se tient la dernière réunion publique de la concertation nationale sur le mix énergétique.
Cette concertation s’inscrit dans le contexte de révision de la Stratégie française sur l’énergie et le climat (SFEC) qui constitue la feuille de route du gouvernement pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Ses deux grands objectifs sont de discuter des enjeux de la transition énergétique et de permettre à chacun de s’exprimer sur les mesures prioritaires à mettre en œuvre.