
Non, “le diesel n’est pas mort”, clamait récemment le président des diésélistes de France, interrogé par RTL 5minutes. Cet expert fustige “l’obsolescence programmée” imposée à ce carburant, qui conserve de nombreux avantages par rapport à l’essence.
Pourquoi ce coup de gueule? Parce qu’en France, mais aussi partout en Europe, de plus en plus de villes décident de bannir ce carburant. Un boycott motivé par le scandale des moteurs truqués de Volkswagen et la question de la pollution aux particules fines.
Récemment, dans le Grand Est, c’est Strasbourg qui a décidé d’interdire sa commune à tout véhicule diesel à l’horizon 2025. 32 autres communes de l’Eurométropole devrait faire de même à l’horizon 2030, sur base des fameuses vignettes Crit’Air.
Roland Ries, le maire PS de Strasbourg, admet que cela ne se fera pas sans difficultés: “Cela va poser des problèmes aux commerçants, aux logisticiens, aux particuliers. Mais c’est un impératif de santé publique. Les diesels sont dangereux et tout délai supplémentaire serait nuisible. On a attendu trop longtemps” déclare-t-il à l’Est Républicain.

Nos confrères sont allés voir ce qui se passait du côté de trois métropoles du Grand-Est. Le Grand Reims a noué un partenariat avec le gouvernement pour la mise en place de zones à faibles émissions, et le Grand Nancy s’est engagé à réaliser des études.
Metz Métropole sort du lot en ne s’étant pas encore engagée sur cette voie. Cité par l’Est Républicain, son président Jean-Luc Bohl parle de la décision strasbourgeoise comme d’un “coup médiatique": “J’estime que ce n’est pas le rôle d’une métropole de mettre ainsi des barrières. La planification doit être européenne.”
Il n’est donc pas pour une échéance si courte: “Programmer une interdiction du diesel aussi brutale et radicale serait suicidaire. Nous ne sommes pas encore prêts. Les transports alternatifs ne sont pas assez utilisés. Tout cela doit se préparer.”
Et d’admettre que “Dans la métropole, nous avons une industrie automobile fortement axée sur le diesel, avec PSA. L’impact économique d’une fin du diesel serait majeur.”
Même prudence du côté du maire socialiste Dominique Gros, qui compare les deux villes. La situation géographique de Strasbourg, “dans une cuvette, est défavorable et génère une forte pollution. C’est moins le cas à Metz même s’il y a la proximité de l’autoroute.”
Et il a admet le retard de Metz sur les questions de mobilité: “Le préalable est de développer les transports en commun. À Strasbourg, ils sont très puissants et offrent la possibilité de faire sans voiture.”
Les deux élus affirment même: “Nous ne sommes pas des dogmatiques du diesel. Bien contrôlé, il n’est pas plus polluant que l’essence.”