
L’âge légal sera progressivement relevé au rythme de trois mois par an à partir du 1er septembre. Il sera donc fixé à 63 ans et 3 mois en 2027 à la fin du quinquennat, puis atteindra la cible de 64 ans en 2030.
“Pour bénéficier de sa retraite à taux plein, il faudra, dès 2027, avoir travaillé 43 ans, durée de cotisation votée dans le cadre de la loi Touraine de 2014”, qui avait fixé l’échéance à 2035, est écrit dans le dossier de presse du gouvernement qui accompagne la conférence de presse donnée par la Première ministre ce mardi soir.
Élisabeth Borne assurera le service après-vente ce mardi soir sur France 2. Et le gouvernement devrait inscrire sa réforme dans un projet de budget rectificatif de la Sécurité sociale présenté en Conseil des ministres le 23 janvier, avant examen dans la foulée au Parlement.
Le minimum de pension sera fixé à 85% du Smic net, “soit près de 1.200 euros par mois dès cette année”, pour les futurs retraités ayant une carrière complète, a annoncé mardi Elisabeth Borne en présentant la réforme des retraites.
La Première ministre a indiqué avoir “décidé d’intégrer” au projet également “la revalorisation des pensions des retraités actuels ayant eu une carrière complète au niveau du Smic”, soit “près de deux millions de petites retraites”.
Une mesure qui sera discutée avec les parlementaires, “en particulier” le groupe LR. Elisabeth Borne a dit que son “objectif” était de la voir figurer dans le projet de loi.
Un dispositif “adapté” afin de “protéger les personnes qui ont une carrière longue” sera par ailleurs mis en place, afin “qu’aucune personne ayant commencé à travailler tôt ne soit obligée de travailler plus de 44 ans”.
“Nous rendrons le dispositif “carrières longues” plus juste, notamment pour les femmes”, a expliqué la cheffe du gouvernement. “Avant ce projet, les périodes de congé parental n’étaient pas prises en compte dans la durée pour en bénéficier. Cela sera désormais le cas”, a-t-elle affirmé.
Ainsi, “davantage de Français seront concernés par le dispositif”, soit au total 1 sur 5 “arrivant à la retraite dans les prochaines années”, a-t-elle précisé.
Elle “actera l’extinction des principaux régimes spéciaux”, subsistants, à savoir “les nouveaux embauchés à la RATP, dans la branche des industries électriques et gazières et à la Banque de France” seront notamment affiliés au régime général pour la retraite, a précisé Mme Borne.
Un “index” mesurant l’emploi des seniors devra être être mis en place obligatoirement pour les entreprises de plus de 1.000 salariés “dès cette année”, et pour celles de plus de 300 salariés en 2024, a annoncé Elisabeth Borne en présentant la réforme des retraites.
“Un index sera créé sur la place des salariés en fin de carrière. Cet index sera simple. Il sera public. Il permettra de valoriser les bonnes pratiques et de dénoncer les mauvaises”, a fait valoir la Première ministre. Le principe de l’ “index seniors” a été très critiqué par le patronat ces dernières semaines.
Selon l’exécutif, il y a “urgence” à redresser un régime qui pourrait afficher une vingtaine de milliards d’euros de déficit en 2030.
“Laisser s’accumuler” les “déficits serait irresponsable”, a estimé Elisabeth Borne, assurant proposer un “projet de justice et un projet porteur de progrès social”.
Elle a aussi affirmé que ce projet était à ses yeux “meilleur qu’il était il y a six mois” avant la concertation avec les partenaires sociaux et les forces politiques.
Ce report à 64 ans plutôt qu’à 65 ans pourrait valoir au gouvernement le soutien des Républicains. Les autres oppositions et les syndicats sont vent debout contre tout relèvement de l’âge légal, estimant qu’il affecterait surtout les plus modestes.
La suite ne fait guère de doute: réunis en fin d’après-midi à la Bourse du travail à Paris, les dirigeants des huit grands syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU) devraient appeler à une première journée de manifestations et de grèves le 19 ou le 24 janvier.
“Si Emmanuel Macron veut en faire sa mère des réformes (...), pour nous ce sera la mère des batailles”, résume Frédéric Souillot, patron de Force ouvrière.