Le procès s’est ouvert mercredi après-midi devant la cour d’appel de Metz. Environ 250 personnes se sont réunies avant le procès, en musique, dans un parc proche du tribunal de grande instance pour soutenir les huit militants et Yannick Rousselet, directeur de la campagne nucléaire de l’ONG et poursuivi pour complicité.
“Pas de prion pour les #9 de Cattenom”, était-il écrit sur des pancartes de couleur jaune assemblées avec les portraits d’hommes et de femmes tenant une feuille avec la mention: “Dénoncer le risque nucléaire d’EDF = ils l’ont fait pour moi”.
“On demande la relaxe des huit activistes de Greenpeace et du salarié, Yannick Rousselet”, a dit avant l’audience le directeur général de l’ONG, Jean-François Julliard. Ce dernier comparaît en tant que représentant de Greenpeace France, qui doit répondre des actions de ses militants.
Une amende de 20.000 euros avait été prononcée contre l’ONG en première instance, à Thionville en février 2018.
Deux activistes, déjà condamnés pour avoir pénétré dans des installations nucléaires, avaient écopé de peines de deux mois ferme, une première. Les six autres militants et M. Rousselet avaient été condamnés à cinq mois de prison avec sursis.
Le 12 octobre 2017 à l’aube, des antinucléaires avaient été interpellés après avoir pénétré sur le site de la centrale mosellane. Ils avaient affirmé avoir tiré un feu d’artifice près du bâtiment abritant la piscine à combustibles. Selon la préfecture de Moselle et EDF, ils n’avaient pas accédé à la zone nucléaire.
L’ONG revendique “14 intrusions de centrales” pour alerter sur la vulnérabilité des installations nucléaires.
Une commission d’enquête parlementaire, mise en place après plusieurs intrusions d’antinucléaires dans des centrales, avait identifié des failles dans la sécurité des installations nucléaires et préconisé 33 mesures pour les pallier.
“Nos actions ont permis de faire avancer le débat public et politique sur la sécurité nucléaire, c’est un argument de plus pour expliquer pourquoi ce mode d’action est nécessaire et utile”, a souligné M. Julliard.
Poursuivis pour “intrusion en réunion et avec dégradation dans l’enceinte d’une installation civile abritant des matières nucléaires”, les prévenus encourent cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.
EDF devrait réclamer, comme au premier procès, des dommages et intérêts pour le préjudice matériel, estimé à plus de 200.000 euros, et pour le préjudice moral, évalué par le fournisseur d’électricité à 500.000 euros.