“Je ne viens pas pour agresser mes amis Luxembourgeois": le Sénateur de Meurthe-et-Moselle était l’invité de nos collègues de RTL Radio ce jeudi matin.
Il répondait notamment à une question: le Luxembourg doit-il reverser une partie des recettes fiscales aux communes frontalières françaises?
La croissance économique du Grand-Duché a des effets positifs mais également des retombées négatives sur les territoires frontaliers. Ces derniers se doivent en effet de proposer des services aux 106.000 habitants concernés sans avoir pu encaisser d’impôt sur le revenu de leur part.
Il y a deux semaines, sur l’antenne de la Radio Socioculturelle (100.7), Dominique Gros, le maire de Metz a avancé l’hypothèse de 200 millions d’euros annuels que le Luxembourg devrait reverser aux communes françaises. Olivier Jacquin ne souhaite pas, quant à lui, donner de chiffre concret. Selon lui, on pourrait aller plus loin en incluant les frais liés à la formation des frontaliers ou les dépenses prévues pour la sécurité et la défense. Un chèque ne doit pas être la fin du dialogue, estime-t-il. Afin d’obtenir une base claire pour des discussions précises, il a demandé au gouvernement français de fournir toutes les données nécessaires. Il sera dès lors possible de ne pas se baser sur un rapport du Conseil de l’Europe ou sur les chiffres de la mairie de Metz.
Le Luxembourg compense les communes belges depuis presque 20 ans, mais le gouvernement grand-ducal refuse de faire de même pour les communes françaises. Cependant, les autorités luxembourgeoises avaient accepté en 2018 de cofinancer des projets d’infrastructures situés en France à hauteur de 120 millions d’euros sur dix ans. Un progrès, car avant cette décision, il n’y avait aucun engagement de la part des Luxembourgeois mais ce ne serait pas encore assez.
Olivier Jacquin a également souligné que le prix de l’immobilier, favorable à “certaines personnes”, contribuerait à l’exode des populations moins fortunées au delà des frontières.