
Deuxième journée de grève et de manifestations ce mardi 31 janvier en France contre la réforme des retraites qui a paralysé en grande partie le pays. Écoles, trains, bus, centrales électriques, raffineries... de nombreux secteurs sont encore perturbés, voire bloqués, ce mardi par le deuxième appel intersyndical.
Peu avant 14h, des milliers de manifestants se sont massés sur la place Mazelle, à Metz. Une partie du trafic a été coupée sur le boulevard Paixhans. Toutes les images de la manifestation sont à retrouver ci-dessous:
Le premier appel à la mobilisation, jeudi 19 janvier, avait surpris par son ampleur. À Metz, la manifestation avaient mobilisé autour de 13.000 personnes. Onze jours plus tard, la donne n’a pas vraiment évoluée si ce n’est que l’examen du texte a démarré lundi à l’Assemblée nationale et que la veille, la Première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé que le report de l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans “n’est plus négociable”.
“Elle durcit le ton, alors on va durcir le ton”, annonçait Mélanie Blandin, secrétaire générale de la CFDT Moselle. Cela ne fait plus de doute à ses yeux: “On est rentré dans un rapport de force!”, entendez entre le gouvernement Macron et les opposants au projet de réforme des retraites.
La réponse des syndicats est clair ce mardi matin: “Nous ce qu’on demande c’est vraiment le retrait de l’allongement de l’âge de départ. Pour nous non plus, ce n’est pas négociable!”, lance Dimitri Norsa, secrétaire général de la CGT Moselle. Il pense que par son attitude de fermeté, Elisabeth Borne “encourage à la mobilisation. Ce genre de déclaration est vécue comme une provocation par beaucoup de gens”, note Dimitri Norsa.
La CFDT fait remarquer qu’une autre attitude fait craindre une mobilisation accrue: “Vendredi les ministères de la Fonction publique ont envoyé un mail à tous les fonctionnaires pour faire comprendre le sens de la réforme. Mais le côté pédagogique était assez mal venu. C’était plutôt entendu par les gens comme si on leur disait ce qu’il faut penser”, explique Mélanie Blandin. Elle craint que tout cela “n’exacerbe les colères”.
D’autant que la réforme contestée cristallise bien d’autres problèmes liés au pouvoir d’achat, à l’emploi des seniors, etc.
Fort des indices dont elle dispose en interne, la CFDT pense qu’à la manif de ce mardi “on sera aussi nombreux” que le 19 janvier. La CGT table sur une “très forte mobilisation, à peu près du niveau du 19 janvier” à Metz.
Déjà solidaire dans les rues de la capitale mosellane “avec une délégation de 120 militants” le 19 janvier, le principal syndicat luxembourgeois, l’OGBL, “sera à nouveau présent à Metz avec une grande délégation, aux côtés des salariés français et de leurs syndicats”.

Car de nombreux salariés frontaliers travaillant au Luxembourg “sont directement ou indirectement concernés par la réforme voulue par le gouvernement français: soit parce qu’ils ont des carrières mixtes, soit parce que leur conjoint ou leur conjointe travaille en France”, a souligné l’OGBL dans un communiqué publié lundi.
L’OGBL demande au gouvernement français de “retirer son projet de réforme des retraites” et met aussitôt en garde le “patronat luxembourgeois et ses alliés politiques: une attaque contre le système de pensions luxembourgeois entraînerait dans tous les cas une réaction similaire à celle des salariés français et de leurs syndicats”.
Dans les trains, la SNCF prévoit un trafic “très fortement perturbé”. La mobilisation des cheminots réduira le nombre de TER à 2 sur 10 en régions, le trafic des TGV à 25% à 30% selon les axes et il n’y aura quasiment pas de trains Intercités, ni aucun train de nuit.
Les frontaliers disposeront toutefois de davantage de trains pour se rendre au Luxembourg ce mardi que lors de la première journée cde mobilisation du 19 janvier.
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Dans les aéroports la grève des contrôleurs aériens qui va provoquer des perturbations et des retards. Un vol sur cinq devrait être annulé à Paris-Orly. Mais à Paris-Roissy, il devrait y avoir suffisamment de personnel non gréviste pour assurer le programme prévu, selon la direction générale de l’aviation civile.
La grève devrait être très suivie dans les raffineries, après déjà deux journées d’arrêt de travail, les 19 et 26 janvier: les raffineries ont fonctionné ces jours-là mais les expéditions de carburants ont été bloquées 24 heures à chaque fois.
Les grévistes d’EDF devraient de nouveau faire baisser la production d’électricité dans les centrales nucléaires et dans les barrages, sans toutefois provoquer de coupures de courant.
Les syndicats enseignant prévoient 50% de grévistes parmi les professeurs, de la maternelle au lycée, lors de la mobilisation nationale contre la réforme des retraites, ont-ils indiqué lundi.
“Il n’y a pas d’étonnement, on savait que nous n’irions pas jusqu’à 70% comme lors de la première mobilisation (du 19 janvier). Mais 50% reste un très bon chiffre qui montre que le mouvement de contestation contre la réforme des retraites s’installe dans les écoles”, dit à l’AFP Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire (écoles maternelles et élémentaires).
Selon Guislaine David, “le contexte de l’inflation joue aussi dans la balance, avec une profession qui compte ses jours de grève pour ne pas perdre trop d’argent à la fin du mois”.
“Les enseignants, comme beaucoup d’autres, sont aussi conscients que ce mouvement s’inscrit dans la durée et qu’ils seront amenés à se mobiliser à nouveau à d’autres dates”, estime-t-elle.